Les obligations RH qui commencent dès la première embauche

Dès que vous recrutez un salarié, certaines formalités deviennent incontournables. La déclaration préalable à l'embauche, le suivi administratif du collaborateur et la tenue du registre unique du personnel font partie du socle de départ. [1]

La transparence des salaires est une obligation légale en cours de déploiement. La directive européenne 2023/970, adoptée le 10 mai 2023, impose à tous les États membres de transposer ses exigences en droit national avant le 7 juin 2026.

En France, le projet de loi de transposition a été transmis aux partenaires sociaux le 6 mars 2026, mais le texte définitif n'est pas encore promulgué. Les entreprises disposent donc d'un temps précieux pour se préparer.

By Florent, 16 April, 2026

Mettre fin aux process RH dispersés et chronophages

Acteur majeur du secteur de la santé, CAHPP accompagne plus de 4 300 établissements (hôpitaux, cliniques, EHPAD…) dans l’optimisation de leur performance, en négociant pour eux les achats de médicaments, dispositifs médicaux, équipements, etc… CAHPP les conseille également en leur proposant des offres répondant à des besoins émergents et à de nouveaux horizons (RSE et achats responsables, énergie

Qu’est-ce qu’une grille de salaire ?

Une grille de salaire est un système de classement des emplois. Chaque poste est rattaché à une catégorie ou à un niveau, puis à un minimum de rémunération ou à une fourchette de rémunération. Selon les branches, ce classement peut prendre des formes différentes : niveau, échelon, coefficient hiérarchique, classe, groupe ou position. 

Ce qu’elle contient

Une grille de salaire peut intégrer tout ou partie des éléments suivants :

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chronique

J’ai testé  de dire ce que je ressens (vraiment) au travail

En immersion

  4 mins

 

Collaborateur qui craque avec collègues autour

C’est un peu le thème à la mode. Dans les livres sur le travail, les podcasts, les webinaires sur la QVCT, il faudrait désormais « exprimer ses émotions ». Ça aiderait à mieux communiquer, mieux collaborer, mieux se comprendre. Sur le papier, l’idée est autant séduisante qu’angoissante. Dans les faits, au taf, on se contente souvent d’un sobre « ça va » ou d’un « un peu chargé en ce moment ».  

Alors, pour cette nouvelle semaine à tester une approche différente du travail, j’ai décidé de prendre l’injonction au pied de la lettre : parler de mes émotions, vraiment. Pas seulement les suggérer, mais les nommer et les partager.

Jour 1 : l’émotion acceptable

Quand vient mon tour de prendre la parole lors de notre point d’équipe, je fais une update sur un gros projet et ajoute, presque naturellement, que « je suis un peu stressé par les délais sur ce projet ». Personne ne relève (ou ne préfère pas démarrer sa semaine sur ce sujet), et après un léger silence, on enchaîne. Le stress m’apparait comme une émotion autorisée au travail, presque attendue. Peut-être trop même puisque mon inquiétude n’a déclenché aucune réaction…  

Jour 2 : mettre des mots

Mardi, je pousse un peu plus loin. Lors d’un échange avec une collègue, je précise rapidement que « je me sens frustré de ne pas avoir eu plus de visibilité sur ce sujet ». Cette fois, la réaction est différente. Elle est surprise mais elle m’écoute et creuse même un peu mon émotion. Je lui explique que j’ai manqué de visibilité, que je me suis senti un peu exclu d’une étape importante de son projet et que du coup je suis… frustré.  

Bon. Autant elle que moi n’étions pas prêt pour un tel déballage, mais après un long regard, elle reprend la parole. Avec beaucoup de bienveillance, elle m’explique la façon dont elle a conduit le projet avec ses contraintes et sa vision. Eh oui, ok, vu comme ça, elle n’a jamais cherché à m’exclure. On reformule, ma frustration disparait instantanément, et je suis plus que jamais embarqué sur le projet.

Note pour plus tard : nommer une émotion ouvre parfois une discussion plus constructive que de simplement exposer un problème.

Jour 3 : l’émotion qui dérange (un peu)

Changement d’ambiance pour ce mercredi. En pleine réunion alors qu’on me donne la parole sur un sujet qui s’étire et me parait sans intérêt, je me lance : « pour être transparent, ça m’ennuie cette partie du projet ». Devant les regards circonflexés de mon auditoire, je me sens obligé de compléter, en essayant encore une fois d’être le plus sincère possible. J’explique qu’on a déjà traité cette étape du projet plusieurs fois, que la méthode est déjà posée et qu’on pourrait automatiser au lieu d’en reparler. Que c’est pour ça que devoir refaire cette étape et participer à cette réunion, ça m’ennuie.

Silence. Flottement. Quelqu’un sourit (j’y vois une forme de validation). Un autre regarde ses notes. L’animatrice, visiblement vexée, m’explique que le cadre est sensiblement différent, qu’il faut embarquer les nouvelles personnes et que de toute façon c’est prévu comme ça. J’acquiesce poliment pour ne pas créer de tension. L’ennui, visiblement, ne fait pas partie des émotions qu’on partage facilement au travail. Même lorsqu’il est sincère. Même lorsqu’il est utile.

Jour 4 : trop de sincérité  

Jeudi, je poursuis l’expérience, un peu mécaniquement. Après une réunion, je dis à un collègue que « je me sens un peu confus sur la direction de son projet et que le manque de clarté m’agace ». Sa réaction est plus prudente. On m’écoute, mais je sens une forme de retenue. Comme si l’émotion compliquait le message.

Plus tard à la pause café, je parle de ma fatigue, de mon manque d’énergie du moment. On me répond avec bienveillance, mais je discerne clairement une pointe de distance. Comme si, passé un certain seuil, l’émotion devenait un sujet à gérer, plus qu’un levier pour avance. Clairement, il y a tout un sujet autour de l’intelligence émotionnelle.

Jour 5 : entre sincérité et discernement

Je crois que je suis allé au bout de la logique. Il est vendredi, 9h25, et je n’ai pas envie de dire ce que je ressens. Mettre des mots sur mes émotions m’a permis d’ouvrir certaines discussions et d’en enrichir d’autres. Mais à force de tout verbaliser, quelque chose se déplace. Chaque échange devient plus lourd. Chaque message nécessite une interprétation. Et moi-même, je passe plus de temps à analyser ce que je ressens… qu’à agir dessus.  

Parler de ses émotions au travail n’est ni une faiblesse, ni une solution miracle. Je le vois plutôt comme un outil. Utile pour clarifier, pour ajuster, pour humaniser les échanges. Mais comme tout outil, il a ses limites. Car à trop vouloir tout dire, j’ai fini par brouiller certains messages. Pour autant, ne rien dire sur une émotion prégnante, c’est passer à côté de l’essentiel. Entre les deux, il y a sans doute une posture très personnelle à trouver : un équilibre subtil, entre sincérité et discernement.

Parce qu’au fond, je crois que le travail n’est peut-être pas le lieu de toutes les émotions.  Mais il reste, quoi qu’on en dise, un endroit où elles existent et sont parfois plus intenses qu’ailleurs. 

J'ai testé...

Tester de nouvelles façons de travailler, c'est le principe de cette série d'expérimentations grandeur nature. Chaque chronique raconte une semaine d’immersion pour adopter un nouveau métier, tester une méthode de travail ou tout simplement changer ses habitudes professionnelles... Du ressenti aux enseignements concrets, je teste et je raconte d’autres façons de travailler.

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chronique

J’ai testé… le feedback en pratique

En immersion

  5 mins

 

Collaborateurs qui échangent autour d'un bureau

Avec mes collègues, le feedback n’est pas un tabou, au contraire. Il est partout : dans nos valeurs, dans les outils d’entreprise et même dans la dernière slide de chaque présentation. L’outil est présenté comme central, indispensable même, pour progresser, mieux collaborer, ajuster ses pratiques. Et pourtant, dans le quotidien, il reste étonnamment discret.

On s’en promet, on s’en doit (et on est tous d’accord sur son importance) mais on s’en donne peu. Par manque de temps parfois, par pudeur aussi je crois ou simplement parce que ce n’est pas encore tout à fait une habitude.

Alors, par curiosité, et pour voir ce que ça change vraiment, j’ai décidé de tester une version un peu radicale : je vais demander un feedback après chaque réunion dans laquelle j’interviens. Sans exception.

Jour 1 : le feedback poli

Je démarre la semaine assez simplement. À la fin de notre réunion d’équipe, je me tourne vers une collègue : « Tu aurais un feedback rapide sur ma prise de parole ? ». Elle est légèrement surprise car ma demande, bien qu’inscrite dans nos grands principes de collaboration, est assez inhabituelle. Après m’avoir scruté du regard et compris le sérieux de ma demande, elle finit par m’offrir un « Oui, oui, rien à dire, c’était clair ».

Je la remercie aussi succinctement. C’est rapide, propre, efficace, mais je reste un peu sur ma faim. Ce « c’était clair » ressemble davantage à une validation qu’à un retour constructif. Je crois que demander un feedback ne garantit pas d’en recevoir un.

Jour 2 : le feedback groupé

Mardi, j’affine. Après une réunion projet, je précise ma demande et l’adresse à un petit groupe : « Est-ce qu’il y a quelque chose que j’aurais pu faire différemment ? ». Les réponses sont plus précises (peut-être l’effet de groupe ?) : on me parle de rythme, d’un point que j’aurais pu creuser davantage, d’un document trop dense pour être présenté en réunion. Rien de violent, ni de déstabilisant. Et même si j’ai eu la sensation de prendre une petite claque (pas facile de gérer ses émotions en entreprise), au bout de quelques minutes je me range de leur côté et me dit que c’était tout à fait utile.

Je comprends que le feedback s’apprend des deux côtés : celui qui le donne, et celui qui le demande.

Jour 3 : le feedback qui met à nu

Allez, je vais commencer à systématiser. Je demande à plusieurs personnes, dans des contextes différents. À chaud, à froid, à l’oral, par message. Les réactions varient. Certains prennent le temps, réfléchissent, formulent. D’autres répondent rapidement, parfois vaguement. Souvent, il y a ce petit flottement « Euh… oui, non, tout allait bien. »

Le feedback n’est pas un réflexe naturel. Il demande un effort, une posture, presque une autorisation. D’autant plus que cette semaine, c’est moi qui vais le chercher ; la démarche est donc encore plus complexe pour mes interlocuteurs.  

Je teste moi aussi de donner un feedback via un outil : pas toujours facile de trouver les bons mots.

Jour 4 : quand le feedback déborde

Jeudi, je décide de passer un cap. Après plusieurs tentatives plus ou moins spontanées, je me rends compte que demander un feedback « à chaud » ne suffit pas toujours. Les réponses restent parfois superficielles, faute de cadre ou de temps pour réfléchir.

Je choisis donc d’utiliser un modèle de feedback 360, avec des questions plus précises, envoyées à quelques collègues avec qui je travaille régulièrement. Des questions simples, mais ciblées : sur ma communication, ma capacité à écouter, à décider, à collaborer. Les premiers retours arrivent dans la journée et cette fois, le niveau de profondeur n’a rien à voir.

On me parle de points que je n’avais pas du tout identifiés. D’un rythme parfois trop rapide, d’une tendance à vouloir aller vite au détriment de certaines explications, de ma mauvaise habitude à toujours m’exprimer en premier pour orienter les débats, mais aussi de ma capacité à embarquer sur des sujets complexes, à bien qualifier les problématiques autour des projets. Rien de brutal dans ce format asynchrone qui libère un peu la parole : des signaux positifs et des axes de progression.

Avec un cadre, le feedback est un miroir un peu plus stable, parfois plus dérangeant, mais surtout plus utile. Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’apprendre quelque chose de vraiment nouveau sur moi.

Jour 5 : trop de feedback tue le feedback

Pour conclure mon expérience de la semaine, je poursuis l’exercice, mais quelque chose évolue. À force de demander systématiquement un retour, je sens que la démarche perd un peu de sa portée. Certains feedbacks deviennent mécaniques et des interlocuteurs anticipent la question. Moi-même, je commence à les accumuler sans prendre le temps de les intégrer. Comme beaucoup de bonnes pratiques, le feedback perd de sa valeur lorsqu’il devient automatique.

En une semaine, j’ai surtout observé à quel point le feedback reste une compétence en construction. Il est précieux, parce qu’il éclaire des angles morts, mais est parfois inconfortable, parce qu’il touche à notre manière d’être. Et il est rarement spontané, parce qu’il suppose une forme de confiance.

Mais surtout, j’ai compris qu’il ne suffit pas de vouloir du feedback pour qu’il soit utile. Il faut apprendre à le demander, à le formuler, à l’accueillir et peut-être aussi à choisir le bon moment. Je pense aussi que la démarche va dans les deux sens, et que, moi aussi, je dois en donner plus souvent. Au fond, le feedback n’est ni une obligation, ni une formalité : c’est un outil puissant pour s’améliorer au quotidien. Et même si ça remue, finalement, ça fait du bien ! 

(Alors cher lecteur, un feedback à me faire sur cet article ?)

J'ai testé...

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chronique

Quand les croissants rythment la vie du bureau

Bureau

  4 mins

 

Groupe de collaborateurs autour d'une table avec des croissants

« J’ai ramené les croissants ! » alerte Elodie, tout sourire, en arrivant dans l’open-space.  

Immédiatement, je ressens ce mélange étrange de plaisir et de légère fatigue, comme une envie contradictoire de me lever et de rester assis. Les croissants, c’est une promesse simple : du beurre, du sucre et une petite pause. Mais c’est aussi un rituel qui revient, encore et encore, avec la régularité tranquille des habitudes de bureau qu’on n’a jamais vraiment choisies. Je regarde l’heure. 9h12, c’est trop tôt pour avoir faim, mais trop tard pour prétendre que je n’ai pas entendu.

Autour de moi, les réactions se déclenchent en cascade. Il y a ceux qui se lèvent immédiatement, presque par réflexe, attirés par l’odeur imaginaire avant même d’avoir vu le sachet. Ceux qui prennent un air faussement détaché « ah super, mais pas tout de suite, merci » mais qui surveillent discrètement le stock disponible. Ceux qui hésitent, calculent, négocient intérieurement avec leur volonté : un ou deux ? Tout de suite ou plus tard ? Avec ou sans café ?  

Moi, pris dans cette douce mécanique et oubliant toutes mes bonnes résolutions, j’avance vers la table comme si je l’avais décidé, alors que tout était déjà joué.

Et avec ceci ? Ce s’ra tout ?

Les croissants s’installent toujours au même endroit, un coin de bureau transformé en espace de sociabilité temporaire. On se retrouve debout, à moitié réveillés, à commenter la qualité de la pâte ou de la cuisson. Et à coup de « ils sont bons, ceux-là, tu les as pris où ? ». Top chef s’installe au bureau et le collectif devient un groupe d’experts en viennoiseries. Les conversations démarrent, légères, sans enjeu. C’est agréable, oui, mais jamais totalement naturel. Il y a toujours ce petit effort invisible pour être là, pour participer juste ce qu’il faut.

Avec le temps, les rôles se dessinent. Il y a celui qui ramène toujours quelque chose, presque trop souvent, comme s’il avait fait du coin grignotage une extension de son garde-manger. Celle qui revient de vacances à chaque fois avec une spécialité locale, soigneusement choisie, qu’on goûte avec curiosité avant de reprendre nos habitudes. Celles qui, après le déjeuner, sortent du chocolat de leurs tiroirs comme un prolongement officieux de la pause. Et puis, bien sûr, il y a celui qui ne ramène jamais rien, mais qui est toujours là au bon moment (synchro parfaite avec l’ouverture des boîtes) : une régularité silencieuse qui finit par faire partie du décor.

Le croissant en croisade

Il y a aussi ces moments un peu particuliers où le sachet de viennoiseries change de statut. Un manager qui arrive avec un grand sourire et les mains pleines de chocos (oui, je suis de cette équipe), et tout le monde comprend, sans que rien ne soit dit, qu’une annonce va suivre. Les croissants deviennent alors un préambule, un amortisseur, presque une monnaie d’échange émotionnelle. On prend, on mange, on attend. Et parfois, on oublie presque ce qu’on est venu faire là.

Ces gestes prennent une place non négligeable dans nos journées. Ils n’ont l’air de rien, mais ils structurent des micro-temps, des respirations obligées. On mange un peu plus que prévu en commentant la dernière boite de chocolats. On râle intérieurement, on plaisante à voix haute, on dit qu’il ne fallait pas, tout en tendant la main pour se resservir. Les croissants deviennent une contradiction vivante : à la fois superflus et nécessaires, anodins et légèrement envahissants.

Et pourtant, quand la petite table de grignotage est vide, on le remarque. Même les orangettes de sous-marque ont été terminées. Le silence reste un peu plus longtemps, les échanges mettent plus de temps à démarrer, la matinée semble filer sans ces petites occasions de faire un commentaire sur sa propre gourmandise ou celle de son collègue. Rien de grave, bien sûr. Le travail continue, les projets avancent. Mais il manque quelque chose, une excuse pour se lever, pour se croiser autrement que par nécessité.

Tous à table

Ce matin encore, j’ai entendu le fameux « j’ai ramené des croissants » et j’ai levé un peu les yeux au ciel, par principe. J’ai soupiré intérieurement, je me suis dit que ce n’était pas nécessaire. Et puis, je suis allé me servir quand même. J’ai opté pour l’improbable pain aux raisins et l’ai commenté en long et en large avec ma collègue. Ça nous a fait sourire et bien démarrer la journée.  

Je sais bien que ça ne change pas grand-chose, que ce n’est ni un moment phare ni la clé de l’animation d’un collectif, mais… c’est là, entre deux mails et trois réunions, que cette parenthèse imparfaite mais gourmande fait juste assez de bruit pour qu’on se rappelle qu’on travaille ensemble. 

Scènes de bureau

Les petits chaos ou les grandes scènes : la vie au bureau est ponctuée chaque jour de moments marquants ou amusants, parfois agaçants. Avec malice et lucidité, « Scènes de bureau » raconte le quotidien du travail à travers une expression, un nouveau rituel ou une vieille habitude mise à nu... Toujours avec humour et délicatesse.

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chronique

« Ciao les nazes ! » : un mode d’emploi ironique pour claquer sa démission

Management

  3 mins

 

Couverture du livre

Avec « Ciao les nazes ! Torpiller son job en 19 étapes », Séverine Bavon signe un texte drôle et assez féroce sur les travers du monde du travail, des réunions absurdes au langage formaté qui finit par vider de sens nos actions professionnelles. L’autrice explicite 19 raisons qui justifient de poser sa démission, depuis la déprime du dimanche soir jusqu’à la menace d’être remplacé par l’IA.

Pourquoi ce livre est intéressant ?  

Parce qu’il met des mots, avec un humour acéré, sur un malaise très contemporain : un rapport au travail vécu comme épuisant, incohérent, parfois franchement déshumanisant. Il emprunte la forme d’une lettre de démission fictive, mais s’appuie sur une base documentaire solide. La férocité est bien là mais elle ne tourne jamais à vide : elle vise juste et s’appuie sur des données vérifiées.  

Les moments forts

Dans « Raison n°10 : le management », Séverine Bavon pointe un management souvent déconnecté, oscillant entre injonctions contradictoires et novlangue creuse. Derrière l’ironie, le propos est plus sérieux qu’il n’y paraît : il met en lumière une perte de sens largement partagée, nourrie par des pratiques qui fragilisent les individus et n’améliore pas la vie des entreprises sur le long terme.

Elle y démonte des postures managériales qui prétendent motiver mais finissent par épuiser, en notant le décalage constant entre discours et réalité.  

Séverine Bavon relève que les fonctions de managers ne font plus rêver et détaille en particulier les difficultés du middle manager souvent aux prises avec des exigences contradictoires : « on a créé une génération de middle managers, cruellement sous équipée qu’on a propulsée au fond d’une crise de mal-être émotionnel au travail d’une ampleur totalement inédite, en les parant de citations inspirationnelles sur le leadership, et on se dit que ça va bien se passer. » Conséquences ? Une fatigue émotionnelle et des effets délétères sur la santé. Séverine Bavon cite par exemple le baromètre 2025 Malakoff Humanis sur l’absentéisme qui montre que les managers comptent parmi les salariés les plus arrêtés pour maladie.  

Séverine Bavon dénonce enfin les « formations au ‘management bienveillant’, au ‘feed-back constructif’ ou à la ‘communication non-violente’, toutes ces notions incitent les équipes à la douceur alors que la violence est souvent soit permise, soit provoquée par la violence des structures elles-mêmes. “Placez des gens normaux dans un système toxique, vous obtiendrez des comportements toxiques.”

Pourquoi ce titre ?

Le titre « Ciao les nazes ! » annonce la couleur : un adieu provocateur adressé à un monde du travail jugé absurde. Le sous-titre, « Torpiller son job en 19 étapes », enfonce le clou en empruntant les codes du mode d’emploi. Le livre s’achève donc, très logiquement, par une formule de politesse détournée :

Je vous prie d’agréer, 
Madame, Monsieur, 
L’expression 
De mes salutations distinguées, 
Ciao les nazes.

— signature

 

Le plus du livre

La couverture et plus spécifiquement la typographie. Elle est signée Tyler Spangler, le graphiste états-unien connu pour ses collages numériques très colorés et réalisés pour des clients comme Hermès, Gucci, Nike, Adobe ou encore le New York Times.  

Qui est l’autrice ?

Séverine Bavon est consultante en stratégie éditoriale, rédactrice et spécialiste du monde du travail. Elle signe la newsletter CDLT - pour « cordialement », cet acronyme que certains jugent poli mais qui sonne surtout comme une formule expédiée et glaciale. Deux fois par mois, elle y livre des chroniques souvent drôles et acerbes sur la vie au travail. Le mieux reste toutefois de la laisser se présenter elle-même, comme elle le fait sur le site de son livre : « Ancienne publicitaire devenue dirigeante d'entreprise, Séverine Bavon est titulaire de trois burn-outs. C’est en créant CDLT qu'elle a enfin trouvé sa vocation : râler de façon documentée. »

Verdict : c’est oui ou bien c’est non ?

Oui, si vous cherchez un texte à la fois vif et grinçant, drôle sans être léger et qui pousse à la réflexion sur le sens du travail, l’amélioration du management et les évolutions des métiers face à l’intelligence artificielle.

Références

Vous cherchez des œuvres qui nourrissent la réflexion et le débat d'idées ? Chaque mois, je sélectionne pour vous un essai, une BD, une série ou un film marquant qui dit des choses importantes sur notre époque. En quelques points essentiels, « Références » décrypte ce qui rend cette œuvre incontournable : ses messages forts, ses intuitions pertinentes et les citations qui marquent les esprits. De quoi enrichir votre réflexion et élargir vos perspectives.

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