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chronique

Intelligence artificielle : comment devenir bilingue IA

Intelligence artificielle

  3 mins

 

Équipe de travail échangeant autour des usages de l’intelligence artificielle

Dans une même équipe, l’adoption des assistants IA avance à des rythmes très différents. Certains les ont intégrés à leur routine comme on consulte sa messagerie ; d’autres hésitent encore, faute de réflexe, de repères ou de confiance. Ce n’est pas un problème individuel : c’est un phénomène presque mécanique dès qu’une nouvelle technologie bouscule les habitudes. L’enjeu n’est donc pas de forcer l’adoption, mais de comprendre où chacun se situe pour accompagner le mouvement avec bienveillance et efficacité. 

Imaginez un manager ouvrant la réunion du lundi matin : « Et si on utilisait l’IA pour accélérer ce projet ? » À sa gauche, le réticent se redresse, un peu méfiant. Il a testé deux ou trois fois, a vu des réponses bancales et s’inquiète des données, des hallucinations, de l’empreinte environnementale ou de ce qu’il lit dans les médias. En face, l'expérimentateur sourit prudemment : il s’en sert parfois pour reformuler un mail ou résumer un document, mais il ne voit pas encore clairement comment inviter l’IA dans son métier, au bon moment, sans perdre la main. Et au bout de la table, le bilingue a déjà ouvert son ordinateur : il sait cadrer une demande, guider le raisonnement, et prototyper en dix minutes une première version. Même sujet, même équipe, même objectif : trois mondes, trois rythmes, trois besoins.

À ces profils s’en ajoute un quatrième, de plus en plus visible : les superviseurs. Eux ne se contentent pas d’utiliser l’IA, ils l’installent dans le réel. Avec des outils no-code comme Power Automate, Make, Zapier ou n8n, ils créent de petites automatisations, structurent des flux, et donnent de l’autonomie aux équipes métiers. Ils ne remplacent pas la DSI : ils la soulagent, en prenant en charge ces “petits outils” que l’IT n’a pas toujours le temps de prioriser.

L’objectif, pour beaucoup d’organisations, est de faire grandir le plus grand nombre vers un usage bilingue : fluide, pertinent et responsable. Et la bonne nouvelle, c’est qu’on sait comment y parvenir, à condition de commencer par l’humain, pas par la technologie. Acculturer d’abord, pour dépasser les freins en parlant franchement des limites et des risques (biais, hallucinations, explicabilité, sécurité, empreinte, perte d’expertise) et éviter de rester bloqué sur des peurs d’hier alors que tout évolue très vite. Renforcer ensuite la pratique, parce qu’une IA, comme n’importe quel outil, devient beaucoup plus fiable quand on apprend ce que l'on peu lui demander et quand ont peut s’abstenir. Et surtout, partager : ce sont les exemples concrets entre collègues, les astuces du quotidien, les déclics sur des cas métiers qui transforment un usage “occasionnel” en réflexe.

Pour que tout cela tienne dans la durée, un cadre d’usage responsable est indispensable : quelques principes simples au départ pour sécuriser, rassurer et clarifier les zones rouges, puis un cadre renforcé dès qu’on touche à l’automatisation et aux données sensibles. En pratique, les organisations qui progressent le plus vite commencent par prendre une photo honnête des usages et des freins, renforcent l’esprit critique sur les limites, entraînent les équipes sur des cas métiers, puis identifient des superviseurs pour diffuser l’autonomie au plus près du terrain.

On ne devient pas “bilingue IA” du jour au lendemain. Certains auront besoin de temps, d’autres accéléreront vite et c’est normal. L’essentiel est ailleurs : accompagner chacun à son rythme, valoriser les progrès, garder l’humain au centre. Parce qu’au fond, la maturité IA n’est pas une course aux outils ; c’est une histoire d’équipes, de confiance et d’apprentissage partagé. 

Futur IA

Vous vous interrogez sur l’impact de l'intelligence artificielle, vous n’êtes pas les seuls car tout va très vite ! L'évolution des modèles d’IA pousse les entreprises à repenser leurs process et à adapter au plus vite leurs stratégies. Avec “FuturIA”, je vous guide dans l'exploitation du potentiel de l'IA, vous donne les clés pour comprendre et maîtriser au mieux cette révolution technologique.

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Le fameux “point rapide”, ce mensonge collectif assumé

Bureau

  4 mins

 

groupe de collegues echanges lors d une reunion informelle au bureau

La phrase tombe à 11h42, entre deux réunions, avec cette légèreté trompeuse des promesses qu’on sait déjà intenables. Je regarde mon agenda, je calcule ce que rapide peut encore vouloir dire dans un monde pro où même les pauses café ont besoin d’un créneau, et j’accepte. Bien sûr que j’accepte. Le supposément “petit point” commence toujours de la même manière : des caméras qui s’allument à moitié, des micros qu’on oublie, un « vous m’entendez ? » lancé comme une incantation. L’instigateur annonce qu’il ne prendra pas longtemps. Tout le monde acquiesce, soulagé. On y croit encore.

Alea jacta est

Les premières minutes sont efficaces. Synthèse du sujet, échange d’infos utiles, partage des tâches. On se dit intérieurement que cette fois, peut-être, on va y arriver. Puis quelque chose bascule, presque imperceptiblement. Une précision appelle une explication. Une explication appelle un contexte. Le contexte appelle une anecdote. L’anecdote appelle un souvenir, et le souvenir finit par devenir un récit complet avec des personnages secondaires. Je regarde le minuteur tourner, lentement, implacablement. Dix minutes. Quinze. Vingt. Le « petit point » commence à prendre de l’assurance, à s’installer confortablement, comme s’il avait toujours été prévu qu’il dure. Personne ne s’en étonne vraiment. On s’adapte. On recule mentalement les autres tâches, on reprogramme son après-midi en silence.

Ce qui me fascine dans ces réunions, ce n’est pas tant leur durée que le pacte collectif qui les entoure. Personne ne dit rien. Personne ne se lève pour rappeler la promesse initiale. On partage cette politesse étrange qui consiste à faire semblant que le temps n’existe pas. On hoche la tête, on prend des notes de plus en plus vagues, on acquiesce à des décisions qui auraient pu être prises par mail. Le point rapide devient un espace où l’on dépose tout ce qu’on n’a pas su traiter ailleurs. Une zone tampon, salle d’attente géante où les sujets s’accumulent, faute de mieux. Et moi, je suis là, à la fois agacé et curieusement résigné, comme si cette dérive était inscrite dans le contrat dès le départ.

Tu quoque mi fili

À un moment, quelqu’un (le traitre ou le messie, au choix) ose dire qu’il doit partir. On le félicite en silence. Il s’excuse et promet de relire le compte rendu. Classique, implacable. Son départ crée un léger trouble, vite dissipé. La réunion continue. Elle a maintenant sa propre inertie, sa logique interne, son rythme. Le mot “rapide” a disparu du dictionnaire et fait désormais partie d’une langue morte. Il flotte encore quelque part, dans nos esprits échaudés. Je me surprends à penser que le problème n’est peut-être pas la durée, mais l’écart entre ce qui a été annoncé et ce qui se produit réellement. Cette dissonance douce mais persistante qui fatigue plus que le temps lui-même.

Et pourtant, au bout de cinquante-sept minutes, alors que je croyais être définitivement aspiré par cette faille temporelle, quelque chose se produit. On conclut. Vraiment. Quelqu’un résume, une autre remercie. Les caméras s’éteignent. Le silence revient. Je regarde ma montre avec un mélange de surprise et de résignation. Une heure s’est écoulée. Le petit point rapide a tenu toutes ses promesses, sauf celle de la brièveté. Et dans ce moment de calme retrouvé, je réalise que ces réunions interminables sont aussi le reflet de notre difficulté collective à hiérarchiser, à couper, à oser se dire stop. On ne sait plus très bien où finit l’essentiel et où commence le superflu. Alors on parle, on étire, on remplit.

Veni, vidi, vici

Plus tard dans la journée, c’est moi qui croise une collègue et lance spontanément un fameux « tu as deux minutes ? ». Je le fais sans ironie, presque avec espoir. Je crois encore que cette fois sera différente. Et quand cette réunion inopinée démarre, je réalise vite que ça déborde de plus en plus. Ma question en appelle une autre. Le temps glisse sans que je comprenne pourquoi, et j’en perds mon latin. 

Un peu honteux mais lucide, je sais désormais qu’un point rapide n’est pas un mensonge. C’est une intention fragile, toujours menacée par notre besoin de tout dire, tout expliquer, tout sécuriser ensemble. Peut-être que ce n’est pas la promesse de la brièveté qui est fautive, mais notre incapacité chronique à accepter qu’un point puisse vraiment rester petit.

Scènes de bureau

Les petits chaos ou les grandes scènes : la vie au bureau est ponctuée chaque jour de moments marquants ou amusants, parfois agaçants. Avec malice et lucidité, « Scènes de bureau » raconte le quotidien du travail à travers une expression, un nouveau rituel ou une vieille habitude mise à nu... Toujours avec humour et délicatesse.

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Machine à café et générations : le malentendu du small talk

Générations

  4 mins

 

Échanges entre collègues de générations différentes autour d’une machine à café

Après des années à travailler seule chez moi, j'ai repris il y a quelques mois une mission récurrente en présentiel. Et dès la première réunion, ça m'a frappé : ma cliente attendait qu'on papote un peu. Vraiment. Pas juste un "bonjour" fonctionnel avant d'attaquer le sujet. Non, elle voulait savoir comment j'allais, raconter son week-end, échanger sur nos hobbies.

Les premières fois, j'ai cherché la transition. Parce que dans ma tête, on était là pour bosser. Mais j'ai vite compris que ce petit rituel n'était pas optionnel. C'était un code. Un sas social obligatoire dont personne ne m'avait jamais expliqué les règles.

Et c'est là que la question m'est venue : le small talk au bureau, lien social indispensable ou perte de temps qu'on n'ose pas nommer ?

Le small talk : banal en apparence, révélateur en profondeur

Le small talk n'est jamais neutre. Ce que certains vivent comme du lien indispensable, d'autres le perçoivent comme une obligation floue, chronophage, voire intrusive.

La machine à café, l'ascenseur, les cinq minutes avant la réunion : pour certains, c'est le ciment du collectif. Pour d'autres, un sas inutile entre deux tâches. Pour d'autres encore, une épreuve sociale quotidienne où il faut trouver le bon ton, le bon sujet, la bonne dose de perso.

Le small talk n'est pas qu'une conversation anodine. C’est un code social du travail, appris, intégré… ou subi. Et comme tout code implicite, il crée des insiders et des outsiders.

Un même rituel, des lectures profondément générationnelles

Et si ce malaise n'était pas qu'une affaire de personnalité, mais de génération ?

Pour les générations plus anciennes (Baby-boomers, Gen X), le small talk, c'est de la politesse. Du savoir-être. Ne pas y participer, c'est envoyer un signal : distance, froideur, désengagement. Dans leur culture du travail, être présent, c'est aussi être disponible socialement. Le lien se tisse dans ces micro-moments informels, bien avant la réunion officielle.

Les Millennials, eux, sont tiraillés. Ils ont grandi entre deux mondes : celui où "bien se comporter au travail" passe par ces rituels sociaux et celui où l'efficacité devient une valeur cardinale. ​​Conscients de l'utilité du small talk pour créer du lien, ils ressentent aussi un malaise face à son côté parfois artificiel, obligé, performatif. Comme s'il fallait jouer un rôle pour être accepté.

Et puis il y a la Gen Z. Plus directe. Plus fonctionnelle. Elle préfère des échanges authentiques… ou pas d'échange du tout. Pour elle, le small talk ressemble à une injonction sociale inutile, une perte de temps dans une journée optimisée. Pourquoi parler pour parler ?

Le malentendu n'est pas sur le fait de parler ou non. Il est sur ce que parler veut dire au travail.

Le small talk, miroir du rapport générationnel au temps

Peut-être que le small talk n'est pas une question de personnalité, mais de rapport au temps.

"Prendre le temps" de papoter s'inscrit dans une culture du travail où être présent longtemps est une preuve d'engagement. Où les heures passées comptent autant que les résultats. Dans ce cadre, le small talk a du sens : il remplit le temps, crée du lien dans la durée.

Les jeunes générations valorisent l'efficacité et les résultats. Elles voient ces échanges comme une distraction. Pas par froideur, mais parce que leur rapport au travail s'est construit autrement : moins de présentéisme, plus de flexibilité.

Les chiffres l'illustrent. Chez les travailleurs plus âgés, 82 % font des heures supplémentaires (étude Pipedrive), comme si être présent était une forme d'appartenance. Chez les 18-35 ans, seulement 59 % dépassent les horaires - mais ils obtiennent de meilleurs résultats. Cette culture de l'efficacité façonne aussi leur rapport au small talk : moins de conversations "parce qu'on est là", plus d'échanges ciblés.

Ça semble clair : quand une génération valorise le temps passé ensemble, le small talk devient un rituel d'intégration. Quand une autre valorise la rapidité et la performance, il devient une interruption.

Chacun son lien, tous dans le même bateau

Peut-être que le débat n'oppose pas ceux qui aiment parler à ceux qui préfèrent se taire. Peut-être qu'il oppose surtout des générations qui n'ont pas appris à créer du lien de la même façon.

Pour certains, le collectif passe par le détour, la conversation, le temps partagé. Pour d'autres, il passe par l'efficacité, le respect du temps de chacun, la clarté des échanges.

Et si le vrai enjeu n'était pas de savoir s'il faut faire du small talk au travail, mais d'accepter que, selon les générations, le lien ne se crée pas toujours au même endroit ?

Parce qu'au fond, on cherche tous la même chose : appartenir à un collectif sans avoir à renoncer à ce qu'on est.

Générations

Millennial née au début des années 90, j'observe avec curiosité comment les générations cohabitent au travail. Je vais à la rencontre de mes aînés et de la Gen Z pour comprendre ce qui façonne notre rapport au travail : aspirations, valeurs, façons de collaborer, habitudes (bonnes et mauvaises). Pourquoi travaillons-nous si différemment ? Qu'est-ce qui nous sépare vraiment... et surtout, qu'est-ce qui pourrait nous rapprocher ? Un regard authentique, sans artifices ni lieux communs.

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By Elise, 9 January, 2026

La grande promesse de la digitalisation RH était simple : faire gagner du temps, fiabiliser les process, automatiser ce qui pouvait l’être. Objectif atteint ? Globalement… Oui.
Mais, paradoxe de notre époque, alors que les organisations n’ont jamais eu autant de données RH, les directions des ressources humaines peinent encore à en tirer un véritable avantage stratégique.

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chronique

Quand l'école devient ton employeur bis

Parentalité

  3 mins

 

Parent jonglant entre travail et contraintes scolaires du quotidien

Il y a une sorte d’incompatibilité structurelle entre le salariat et moi, alors j’ai préféré travailler en freelance. En devenant maman, je ne pensais pas que lorsque mon fils atteindrait ses trois ans, j’allais rencontrer un nouvel employeur : le système scolaire.

Hormis mes jobs étudiants, j’ai été salariée une fois dans ma vie. Cette expérience a duré un an.

Au moment de l’embauche, j’ai dû envoyer de nombreux documents administratifs avant de signer le contrat. Et envoyer des documents administratifs, je déteste ça. Chaque jour, en arrivant à mon poste de travail, je consultais mes mails. Je devais y répondre le plus rapidement possible. Normal : je n’engageais pas uniquement mon nom mais aussi celui de l’entreprise.

Chaque matin, j’essayais d’arriver en étant présentable, c’est-à-dire à peu près coiffée, maquillée, l’œil vif ou faisant semblant d'être réveillée. Une question d’image. Au bout de quelques mois, j’ai été convoquée pour le traditionnel entretien annuel : le seul de ma vie. Un moment plutôt désagréable pour moi, qui n’aime pas tellement rendre des comptes.

De temps en temps, plutôt que de rentrer chez moi, je participais à des afterworks auxquels je me forçais à aller. J’aimais bien mes collègues mais j’aimais aussi la quiétude de mon canapé. Lorsque je souhaitais partir en vacances hors des moments de fermeture de l’entreprise, je devais en faire la demande à ma supérieure hiérarchique. 

J’ai mis fin à cette expérience salariale, pourtant riche en apprentissages, pour me lancer à mon compte. J’ai besoin de liberté, de prendre rendez-vous chez le dentiste sans demander l’autorisation à quelqu’un.

Je n’ai jamais regretté ce choix.

Sauf qu’aujourd’hui, j’ai un nouvel employeur. Plus exactement depuis que j’ai un enfant. Et non, ce n’est pas lui mon patron : c’est son école.

Au moment de son inscription, j’ai dû envoyer de nombreux documents administratifs, dont certains plusieurs fois et en plusieurs exemplaires. Il est scolarisé dans la même école maternelle depuis 3 ans maintenant et pourtant à chaque rentrée, je renvoie les mêmes documents, en remplissant religieusement les mêmes informations. Même s’il n’a pas changé de date de naissance depuis la petite section.

Chaque soir, je consulte son carnet de liaison. Je dois signer le plus rapidement possible chaque mot et chaque information. Normal, car le contraire me ferait passer pour une mère indigne et je risquerais de rater à regret la date limite des commandes de torchons personnalisés avec les dessins de tous les enfants de l’école.

Chaque année, je suis convoquée pour un entretien annuel qui ne me concerne pas. C’est pire, car il est question de mon enfant. Enfant qui, contrairement à moi, ne semble pas avoir bien compris que l’on ne frappe pas ses collègues de travail en cas de désaccord.

Chaque matin, je tâche d’arriver présentable devant l’école malgré le fait que mon statut d’indépendante me permette d’écrire mes chroniques en pyjama si je le souhaite. En trois ans, j’ai certes réussi à trouver des parades pour être en pyjama sans en avoir l’air. Mais c’est quand même une charge mentale, cette histoire d’image.

Régulièrement, le soir, plutôt que de rentrer chez moi, je me rends à des apéros de parents d’élèves pour parler de la prochaine kermesse ou du prochain vide-grenier organisé par l’association. J’aime bien les parents d’élèves, mais j’aime bien aussi la quiétude de mon canapé.

Lorsque j’envisage de partir hors des vacances scolaires, je dois aussi le demander.

Les parallèles entre les deux expériences sont troublants. Documents à fournir. Délais à respecter. Entretiens obligatoires. Présentation soignée. Réunions sur le temps personnel. Vacances sous conditions.

La seule différence, finalement, c’est que je ne peux pas démissionner. Ça tombe bien, je n’en ai pas envie. J’ai même prolongé mon contrat : j’ai fait un deuxième enfant.

35h et des poussettes

Si comme moi vous jonglez entre réunions et changements de couches, rejoignez-nous pour des discussions franches, des astuces pratiques et une bonne dose d'humour. Si vous négociez des contrats tout en faisant les devoirs ou en préparant des biberons, cette chronique est faite pour vous ! Plongez avec moi dans le grand bain de la parentalité où carrière et famille se disputent la vedette.

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chronique

L’entretien annuel est-il vraiment inutile ?

Entretiens

  4 mins

 

Entretien annuel entre un manager et un salarié dans un bureau

Mercredi 14h30, salle de réunion. Marine soupire en ouvrant le dossier de son entretien annuel. "Encore une heure de perdue", pense-t-elle en face de son manager qui consulte ses notes d'un air embarrassé. Même rituel, mêmes questions convenues, même impression de jouer une pièce dont tout le monde connaît déjà la fin.

Cette scène, des milliers de salariés la vivent chaque année. Et pour cause : l'entretien annuel traîne une réputation de grand oral inutile, de formalité administrative sans lendemain. Mais derrière cette défiance généralisée se cache une réalité plus complexe, où les vrais responsables ne sont peut-être pas ceux qu'on croit.

Anatomie d'une idée reçue

Les chiffres tombent comme un couperet : 41% des salariés considèrent leur entretien annuel comme peu utile, sans effet sur leur carrière, selon un sondage 2025 Ifop pour RD Deel relayée par BFM.

Comment cette défiance s'est-elle installée ? L'entretien annuel porte en lui les stigmates de notre rapport français à l'évaluation. Hérité du modèle scolaire, il charrie cette vision verticale où l'un détient la vérité sur l'autre. Conseil de classe, bulletin de notes, appréciation du professeur... Tout y est. Alors adulte et compétent dans son métier, le salarié se retrouve en position d'élève face à un manager qui endosse malgré lui le rôle du prof principal.

D'ailleurs, observons le vocabulaire : on "passe" son entretien comme on "passe" un examen. On "prépare" ses réponses comme on bachotait jadis. Cette mécanique bien huilée transforme un moment d'échange en oral de rattrapage. Résultat ? Les collaborateurs arrivent sur la défensive, les managers en position d'interrogateurs gênés.

Mais ce n'est pas tout. L'entretien annuel cristallise aussi nos frustrations face aux promesses non tenues. Combien de "on va voir pour ta formation", "on reparle de ton évolution", "tes remarques sont très pertinentes" qui finissent aux oubliettes ? Cette accumulation de déceptions forge progressivement la conviction que l'exercice n'est qu'une mascarade administrative. Un passage obligé sans lendemain. Justement. Quand la promesse d'échange devient monologue, quand l'outil de développement se mue en simple validation du statu quo, peut-on vraiment s'étonner que salariés et managers finissent par y voir une perte de temps ?

Quand le système tout entier dysfonctionne

Alors non, l'entretien annuel n'est pas inutile par essence. Mais pointer du doigt "la méthode" revient à soigner les symptômes en ignorant la maladie. Car le vrai problème, c'est l'écosystème dans lequel cet entretien s'inscrit.

D'abord, la formation. Comment peut-on demander à des managers de mener des évaluations constructives quand la plupart n'ont jamais été formés à l'exercice ? Donner du feedback, questionner sans juger, co-construire des objectifs... Ces compétences ne s'improvisent pas. Conséquence directe : des managers mal à l'aise qui bâclent l'échange par manque d'outils, et des collaborateurs qui le ressentent immédiatement.

Ensuite, la pression temporelle. Quand il faut boucler 15 entretiens en trois semaines entre deux urgences, difficile de créer un véritable moment d'échange. L'entretien devient alors une case à cocher, un formulaire à remplir. Et les collaborateurs, loin d'être dupes, adaptent leurs attentes à la baisse.

Pourtant, certaines entreprises cassent ce cercle vicieux. Chez JCDecaux, l'équipe RH a revu sa copie : auto-évaluation en amont, questions ciblées, suivi trimestriel des actions décidées. Résultat ? Des collaborateurs qui témoignent : "Cette année, j'ai fait mon entretien et ça ne servait pas à rien". Révolutionnaire ? Non. Simplement cohérent. Chez Picard Surgelés, autre approche : digitalisation de l'outil, formation des managers, harmonisation des pratiques. Le taux de complétion est passé de 40% à 88%. Pas mal pour un exercice soi-disant "inutile".

Mais attention à ne pas tomber dans l'illusion technologique. Ce qui change vraiment la donne, c'est le passage d'une logique de contrôle à une logique d'accompagnement. Transformer l'évaluateur en coach. Remplacer le verdict par le dialogue. Car au fond, l'entretien annuel révèle surtout notre rapport au management : encore trop vertical, pas assez collaboratif.

Finalement, l'entretien annuel n'est ni intrinsèquement inutile ni naturellement efficace. Il est le miroir de nos pratiques managériales et de notre capacité collective à faire du dialogue un véritable outil de développement. Mais tant que nous traiterons l'évaluation comme un exercice administratif plutôt que comme un investissement humain, pourrons-nous vraiment nous étonner que les collaborateurs y voient une perte de temps ?

Mythes de bureau

La chronique bouscule les préjugés, les idées reçues et les croyances parfois fausses qui façonnent nos comportements professionnels. Parce que la réalité du travail se joue dans les nuances et rarement dans les certitudes, « Mythes de bureau » interroge ce qui semble évident et invite à dépasser les stéréotypes qui limitent notre vision du travail.

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chronique

Revenir au bureau c’est recréer du lien ?

Télétravail

  3 mins

 

Collaboratrices échangeant dans un open space pour recréer du lien social

66% des salariés en France et dans le monde travaillent dans des entreprises ayant formalisé leur politique de retour au bureau. Le principal argument avancé ? Recréer du lien social entre collaborateurs. Mais suffit-il vraiment de rassembler les troupes dans un open space pour ressouder les équipes ?

Tous de retour au bureau !

Amazon, Meta, Google... Une à une, les entreprises qui avaient vanté les mérites du télétravail font machine arrière. 76 % des salariés français ont reçu une consigne explicite de retour au bureau, et pour près d'un quart d'entre eux, c'est cinq jours par semaine.

L’une des principales raisons ? À distance, peu ou pas d’échanges informels mais des interactions purement fonctionnelles. "Tu as le fichier ?" "Peux-tu valider ça ?" Les relations se seraient vidées de leur substance humaine, transformant les collègues en simples contacts Slack. Le télétravail aurait ainsi cassé quelque chose d'essentiel : ces conversations de couloir, ces pauses café complices, ces moments où l'on rigole entre deux réunions, ces projets qui naissent dans les ascenseurs. Un constat aligné avec ce que pensent les salariés. 45 % des télétravailleurs ressentent une perte de lien social avec leurs collègues. Et 63 % des employés déclarent que les opportunités de socialisation sont le moteur principal de leur venue au bureau.

Alors les directions multiplient les initiatives : espaces détente redessinés, baby-foot flambant neuf, cours de yoga pendant la pause déjeuner. Tout pour transformer le bureau en aimant social irrésistible. Car au fond, c'est logique : remettre les gens ensemble, c'est forcément recréer du collectif. Non ?

Non, rassembler ne suffit pas à recréer du lien

Bien sûr, remettre les équipes dans le même espace change la donne. Les croisements de couloir se multiplient, les conversations s'amorcent plus facilement, le déjeuner partagé devient un moment de complicité retrouvée. Cette proximité physique facilite les échanges spontanés et, de fait, peut renforcer la cohésion d’équipe et le sentiment d’appartenance.

Mais attention à l'équation simpliste. Croire qu'il suffit de rassembler des personnes dans un open space pour créer du lien, c'est ignorer la complexité des dynamiques humaines. Combien de salariés travaillent côte à côte et se sentent pourtant profondément seuls ? Combien d'équipes partagent le même plateau sans jamais vraiment échanger ?

Sans compter que la proximité physique peut aussi exacerber les tensions. Ces différences de personnalité qu'un écran atténuait deviennent saillantes une fois dans la même pièce. Cette collègue qui parle fort au téléphone. Ce manager qui surveille les allées et venues. Ces conflits latents qui couvent et que la distance permettait d'éviter. Eh oui, toutes ces frictions réapparaissent.

Car recréer du lien ne se décrète pas par une simple coprésence. Cela demande un travail organisationnel de fond : objectifs communs clairement définis, leadership qui donne du sens, temps dédiés aux échanges informels, culture du dialogue entre managers et équipes. Sans ces conditions, rien n'est gagné.

Justement, c'est là que le paradoxe devient flagrant. Combien d'entreprises investissent des budgets considérables dans des espaces design, des baby-foots rutilants, des cours de méditation, en espérant que l'ambiance "cool" fera le travail ? Beaucoup plus facile de commander du mobilier branché que de former ses managers à l'animation d'équipe ou de repenser les objectifs collectifs.

Cette approche "décoration d'intérieur" du lien social révèle une logique de façade : on mise sur le visible, le photogénique, ce qui se raconte bien sur LinkedIn. Mais les vraies conditions de la cohésion demandent un investissement autrement plus profond. D'ailleurs, les entreprises qui réussissent leur "retour au lien" ne se contentent pas d'ouvrir les portes. Elles repensent leurs rituels, forment leurs collaborateurs à la communication et leurs managers à l'animation d'équipe, créent des espaces dédiés aux interactions. Car le lien, ça se cultive.

Finalement, investir dans la qualité des interactions ne compte-t-il pas autant sinon plus qu’investir dans le retour au présentiel ?

Mythes de bureau

La chronique bouscule les préjugés, les idées reçues et les croyances parfois fausses qui façonnent nos comportements professionnels. Parce que la réalité du travail se joue dans les nuances et rarement dans les certitudes, « Mythes de bureau » interroge ce qui semble évident et invite à dépasser les stéréotypes qui limitent notre vision du travail.

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La galette des rois ou l’art de jouer collectif en entreprise

Bureau

  3 mins

 

Partage d’une galette des rois entre collègues lors d’un moment convivial au bureau

D’habitude, ça commence par un mail collectif avec trop de points d’exclamation pour un lundi matin : « N’oubliez pas la galette des rois jeudi à 10h !!! ». Je le lis en buvant un café tiède, et je sens immédiatement cette petite pression douce, presque invisible, celle qui accompagne les rituels d’entreprise obligatoires, ceux qui se déguisent en convivialité mais fonctionnent surtout à la participation tacite. 

La galette arrive toujours avec une promesse simple : tirer les rois, rire ensemble, développer l’esprit d’équipe. En réalité, elle charrie tout un écosystème de micro-attentes. Qui l’achète. Qui la coupe. Qui désigne. Qui devient roi ou reine, malgré elle ou malgré lui.

Attention, il y a une fève !

Cette année, Guillaume a pris de court tout le monde. Dès la reprise, sourire jusqu’aux oreilles, il a déposé sur notre petite table d’appoint l’objet de toutes les controverses. S’en est suivie une tournée générale de bises, chacun observant du coin de l’œil la fameuse galette, entre le classique « plein de bonheur » et le fameux « et surtout la santé ! ».

Moi, je la regarde comme on regarde une statuette ancienne, chargée d’une symbolique qu’on n’ose plus interroger. Autour de moi, certains se réjouissent sincèrement, d’autres calculent s’ils peuvent s’absenter pile à ce moment-là. Et lorsque qu’un acteur tente de s’extirper de la scène, prétextant une diète après les repas festifs, la réponse collective « Oh allezzzzzz ça vaaaaa » est immédiate et finit par le faire rentrer dans le rang. Moi, je fais semblant de ne pas savoir encore si je serai là, tout en sachant très bien que j’y serai.

Personne ne veut vraiment être reine ou roi

Parce que ces rituels-là ne laissent pas vraiment le choix. Le “secret santa” qui prétend être facultatif mais dont l’absence se remarque. La cagnotte de départ où chacun met ce qu’il veut, c’est-à-dire un peu plus que ce qu’il voudrait. La galette qui s’impose comme une tradition fédératrice alors qu’elle révèle surtout nos rapports compliqués à la participation collective. On y va parce qu’il faut y aller, parce que refuser serait plus fatigant que d’accepter, parce que l’effort social coûte souvent moins que d’imposer une justification personnelle. Alors on se tient autour de la table, on coupe des parts approximatives, on surveille la fève comme une bombe à retardement. Et quand quelqu’un s’y casse les dents, on applaudit, un peu trop d’ailleurs, comme pour prouver qu’on est encore capables d’enthousiasme partagé. D’abord Guillaume et pis Fanny, reine du jour, qui devra à son tour amener la prochaine galette.

Ce qui me fascine, c’est la façon dont ces moments révèlent nos positions invisibles dans le collectif. Celui qui organise toujours. Celle qui se fait discrète au fond de la pièce. Celui qui fait une blague pour détendre l’atmosphère. Celle qui compte les parts pour être sûre que tout le monde sera servi. La galette devient un miroir discret de la vie au bureau : une scène banale aux perles sucrées, presque insignifiante, dans laquelle chacun joue son rôle avec plus ou moins de conviction. Et pendant que je mâche une pâte feuilletée un peu trop sèche, je me dis que ces rituels ne sont ni bons ni mauvais, juste profondément humains, imparfaits, comme nous.

La confrérie de la frangipane

Il y a ce moment précis, presque imperceptible, où la galette a été mangée, les miettes essuyées, la couronne abandonnée sur un coin de bureau. La réunion reprend, les notifications reviennent, le travail se réinstalle. Et pourtant quelque chose a bougé, à peine. Une parole s’est échangée plus facilement. Un rire est resté suspendu un peu plus longtemps. La galette n’a pas créé de liens en plus, mais elle a ouvert un espace minuscule et fragile, dans lequel on s’est autorisés à exister autrement que comme des fonctions. Je me dis alors que si ces rituels nous fatiguent autant, c’est peut-être parce qu’on leur en demande trop. Ils ne sont pas là pour souder, ni pour réparer, ni pour rendre heureux. 

Juste pour rappeler, un brin maladroitement, qu’on partage quelque chose, même si ce quelque chose, parfois, n’a qu’un goût de brioche.

Scènes de bureau

Les petits chaos ou les grandes scènes : la vie au bureau est ponctuée chaque jour de moments marquants ou amusants, parfois agaçants. Avec malice et lucidité, « Scènes de bureau » raconte le quotidien du travail à travers une expression, un nouveau rituel ou une vieille habitude mise à nu... Toujours avec humour et délicatesse.

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chronique

« Mon fils lit à 3 ans » : quand les pauses café virent à la compétition

Parentalité

  4 mins

 

Deux collègues discutant lors d'une pause café

Au bureau, les anecdotes sur les enfants virent parfois à la compétition larvée : entre fierté et doutes, comment éviter que le récit de leurs 'exploits' se transforment en comparaisons inutiles et délétères ?

Ou l’art de s’auto-flageller

Je me souviens de ce que j’ai ressenti ce jour-là comme si c’était hier. Cette matinée ressemblait à toutes les autres. Je dépose mon manteau, j’allume la machine à café. Avec mon associée, on se livre à notre activité préférée pendant que le café coule : on parle de nos enfants avant de parler de nos clients. Sa fille a 9 mois d’écart avec mon fils. Ce sont nos premiers enfants. 

Elle m’annonce qu’elle vient de l’inscrire à la gymnastique. Désormais, elle ou son mari l’accompagnera chaque samedi. Elle a trouvé un cours qui accepte les enfants dès deux ans. Elle est ravie, sa fille aussi.
Je vais être honnête : en premier lieu, je n’ai pas été ravie pour elles. J'ai d'abord pensé à moi et je me suis dit : je suis une mère minable qui n’a pas pensé qu’à deux ans son fils pouvait faire une activité extra-scolaire. Pire : l’idée de l’inscrire quelque part et de l’y emmener toutes les semaines me donne des bouffées d’angoisse. Je sors à peine d’une dépression post-partum, je commence enfin à trouver mes marques dans ce nouveau quotidien de mère et j’appréhende terriblement l’idée qu’une charge mentale supplémentaire puisse tout faire vaciller.

Ce qui vient de se passer, à cet instant précis, c’est que je viens de me comparer. Ou plutôt, de comparer nos enfants. L’une va à la gym, l’autre non. Dès notre entrée à l’école, la société nous incite à nous comparer. Je me souviens de mes propres bulletins scolaires et de la case, juste à côté de la note, dans laquelle était inscrite mon classement. Très tôt, on prend l’autoroute de la comparaison et quand on a des enfants, c'est pire. 


Comparer ses enfants à la machine à café

Croire que cette comparaison insidieuse, la pire de toutes, qui s’infiltre partout, de nos repas de famille à nos sorties entre amis, s’arrêterait aux portes de nos vies professionnelles est une erreur. Au détour d’une réunion, devant une machine à café, dans un ascenseur, on se met toujours à parler de nos enfants. Inlassablement.
Il suffit de dire que son bébé n’a pas dormi pour entendre Marie, 58 ans, raconter que sa fille a fait sa première nuit à trois jours il y a presque 30 ans. Il suffit de dire qu’on a fait le choix de l’assistante maternelle pour que la comptable, à qui l’on n’a jamais parlé, explique que la crèche a eu un effet formidable sur la sociabilité de son bébé. Il suffit de dire que son fils de 19 ans a choisi de faire une année sabbatique dans une ferme au Pérou pour que Karim annonce que sa fille vient de réussir le concours de Sciences Po Paris.

Personne n’est à blâmer. Il y a peut-être parfois une histoire de ton à adopter. Mais c’est souvent avant tout une histoire de perception. Ou plutôt : de réception de l’information. Dans ce monde qui tourne autour des classements et des médailles, il y a un domaine dans lequel nous ne sommes jamais évalués : la parentalité. Pas d’entretien annuel, pas de grille, pas de notes. Se comparer aux autres nous permet alors de nous situer. Et au passage, de nous auto-flageller.

Et si on choisissait l’inspiration ?

Aucune statistique ne dit combien de fois les collaborateurs et collaboratrices d’une entreprise parlent de leurs enfants dans une seule journée. Il n’existe pas non plus d’études qui expliquent combien comparer ses enfants au travail est une mauvaise idée. Néanmoins, le sujet mériterait d’être creusé.

Je n’ai pas de solution pour réussir à s’extraire vraiment de ce mécanisme. Ne plus parler de ses enfants au travail ? On passe plus de temps avec ses collègues qu’avec ses proches. Alors taire complètement la vie de ses enfants au quotidien semble compliqué. Je crois qu’il serait plus facile de commencer à conscientiser les effets délétères de la comparaison… Et laisser le temps faire son affaire. J’y pense depuis des années, et, récemment, lorsqu’une cliente a évoqué devant moi les plateaux-repas qu’elle fait avec son fils chaque vendredi soir devant un film, je ne me suis pas sentie nulle. Au contraire, j’ai pensé « quelle bonne idée ». Depuis, je fais pareil avec le mien chaque vendredi.

J’ai donc décidé de changer de direction et de bifurquer vers une autre autoroute : celle de l’inspiration.

35h et des poussettes

Si comme moi vous jonglez entre réunions et changements de couches, rejoignez-nous pour des discussions franches, des astuces pratiques et une bonne dose d'humour. Si vous négociez des contrats tout en faisant les devoirs ou en préparant des biberons, cette chronique est faite pour vous ! Plongez avec moi dans le grand bain de la parentalité où carrière et famille se disputent la vedette.

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