Mentions obligatoires sur une facture : la checklist avant envoi

Une facture doit comporter un certain nombre de mentions obligatoires pour être conforme : identité du vendeur et du client, numéro de facture, détail des prestations, TVA, conditions de paiement… La liste peut également varier selon votre activité, votre régime fiscal ou la nature de l'opération.

Voici les mentions à vérifier sur vos factures, ainsi que les nouvelles informations à prévoir dans le cadre de la réforme de la facturation électronique.

Sommaire

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Les mentions à vérifier sur chaque facture

Un numéro de facture doit être unique et respecter une séquence chronologique et continue.

À la lecture de la facture, on doit pouvoir identifier clairement le vendeur, le client, ce qui est facturé, la date de l'opération, les montants et les conditions de paiement. Ces mentions relèvent à la fois des règles commerciales et fiscales. [1] [2] [3]

Zone à contrôlerQuestions à vous poser avant l'envoi
Émetteur et clientLe nom ou la dénomination et l'adresse de chaque partie figurent-ils bien sur la facture ? Les identifiants obligatoires de l'émetteur sont-ils complets ? S'il s'agit d'une société, la forme juridique et le capital sont-ils indiqués ? L'adresse de facturation est-elle précisée lorsqu'elle diffère de l'adresse principale ?
Identification de la factureLa date d'émission est-elle clairement indiquée ? Le numéro utilisé est-il unique et fondé sur une séquence chronologique et continue ? La date de vente, de fin de prestation ou d'acompte est-elle précisée lorsqu'elle est requise ?
Biens ou servicesChaque ligne précise-t-elle la nature du bien ou du service, la quantité et le prix unitaire hors taxes ? Si le client a établi un bon de commande au préalable, son numéro figure-t-il sur la facture ?
Montants et TVALes réductions acquises et directement liées à l'opération apparaissent-elles ? Les totaux HT et TTC, le taux de TVA ou le motif d'exonération, ainsi que le montant de la taxe, sont-ils cohérents ?
Paiement entre professionnelsLa date ou le délai de paiement, les conditions d'escompte, le taux des pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement sont-ils bien indiqués ?

Le numéro de facture mérite une attention particulière : chaque numéro doit être unique et suivre une séquence chronologique et continue. En cas de rupture, de doublon ou de série dont la logique n'est pas claire, vérifiez la numérotation avant l'envoi. [1] [2]

💡 Le bon réflexe : complétez les données avant de numéroter

Complétez la fiche client, le détail de la vente et les conditions de paiement avant d'attribuer le numéro définitif. Vous limiterez ainsi les corrections de dernière minute sur l'adresse, le bon de commande ou le traitement de la TVA.

Terminez par une vérification des montants, dans l'ordre où ils apparaissent sur la facture : lignes facturées, réductions, total hors taxes, TVA par taux et montant final à payer. C'est souvent le moyen le plus simple de repérer un écart entre le détail et le total.

Quelles mentions ajouter selon votre situation ?

Une fois les mentions de base vérifiées, regardez si votre situation impose des informations supplémentaires. Le régime de TVA, le rôle du client, la nature de la vente ou encore votre activité peuvent changer les mentions à faire figurer. La mention à utiliser dépend donc de votre régime et de l'opération : mieux vaut repartir du cas concret que reprendre automatiquement une formule d'une ancienne facture. [1] [2]

  • TVA et régime fiscal. Si vous êtes en franchise en base, la facture doit porter la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Lorsque l'acquéreur ou le preneur est redevable de la taxe, la mention « Autoliquidation » s'applique. Les numéros de TVA à afficher dépendent eux aussi de l'opération. Certaines factures d'un montant inférieur ou égal à 150 € HT bénéficient par ailleurs d'allègements limités, avec des exceptions prévues par le CGI. [1] [2]
  • Organisation de la facturation. Si le client établit lui-même la facture au nom et pour le compte du vendeur ou du prestataire, la mention « Autofacturation » doit apparaître. De même, lorsqu'un bon de commande a été établi au préalable par l'acheteur, son numéro doit être repris sur la facture. [1] [2] [3]
  • Vente à un particulier. Pour certaines catégories de biens, la facture doit mentionner l'existence et la durée d'au moins deux ans de la garantie légale de conformité. Cette obligation dépend du bien vendu et des conditions de la vente. [1]
  • Activité ou transaction particulière. Activité artisanale, éco-participation, régime des agences de voyage, vente de biens d'occasion, d'objets d'art ou vente aux enchères : ces situations obéissent à des règles spécifiques. Si l'opération sort de votre pratique habituelle, faites valider le cas par votre comptable ou votre conseil. [1] [2]

La TVA mérite une vérification à part entière. Avant de valider la facture, contrôlez le régime de l'émetteur, la situation du client, le type d'opération et la mention qui doit en découler.

💡 Bon à savoir : isolez le contrôle de TVA

Le taux de TVA, une exonération ou une autoliquidation peuvent modifier les informations à faire figurer sur la facture. Notre fiche sur la TVA déductible permet de revoir les principales notions avant d'en discuter avec votre comptable.

Si vous rencontrez un régime ou une transaction inhabituelle, conservez avec la facture la règle appliquée et sa source. La prochaine fois que le cas se présentera, vous pourrez repartir d'une décision documentée plutôt que d'un ancien modèle dont le contexte aura été oublié.

Les quatre données à prévoir avec la réforme

La date d'application dépend de l'entreprise qui émet la facture et de l'opération concernée.

La réforme de la facturation électronique ajoute quatre informations pour les opérations concernées. Leur date d'application dépend de l'entreprise qui émet la facture : 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, puis 1er septembre 2027 pour les PME et les microentreprises qui entrent dans le périmètre de la réforme. [1] [2] [4]

  • SIREN du client. Si votre client est une entreprise, son SIREN à neuf chiffres est-il bien renseigné dans sa fiche ?
  • Adresse de livraison. Les biens sont-ils livrés à une adresse différente de celle du client ? Si oui, cette adresse de livraison doit figurer sur la facture.
  • Nature de l'opération. La facture précise-t-elle si elle concerne uniquement des livraisons de biens, uniquement des prestations de services, ou les deux ?
  • Option pour les débits. Le prestataire a-t-il opté pour le paiement de la TVA d'après les débits ? Si c'est le cas, la mention « Option pour le paiement de la taxe d'après les débits » doit apparaître. [1] [2]

Le calendrier dépend de l'entreprise qui émet la facture, mais aussi de l'opération concernée. Avant de modifier votre modèle, vérifiez donc que la facture entre bien dans le champ de la réforme. [2] [4]

Vous pouvez dès maintenant ajouter ces champs à vos fiches clients et à vos données de vente. Vous éviterez ainsi de devoir rechercher le SIREN, l'adresse de livraison ou la nature de l'opération au dernier moment.

Le contrôle final avant émission

Pour être efficace, faites toujours ce dernier contrôle dans le même ordre. Vous limiterez les allers-retours entre le modèle de facture, la fiche client et les règles applicables.

  1. Vérifiez les informations de base. Identités, dates, numéro, détail des lignes, montants et conditions de paiement doivent être cohérents entre eux.
  2. Passez en revue les cas particuliers. TVA, bon de commande, rôle du client, type de vente et activité peuvent imposer des mentions supplémentaires.
  3. Contrôlez les informations liées à la réforme. Vérifiez le calendrier applicable à l'émetteur, le périmètre de l'opération et la présence des quatre nouvelles données lorsqu'elles sont requises.

Conservez une trace de ce contrôle avec la facture ou dans votre procédure interne. Si le même doute revient régulièrement, ajoutez-le directement à votre modèle de vérification et désignez la personne chargée de le contrôler.

Pensez aussi à mettre ce mémo à jour lorsque votre régime, votre activité, votre modèle de facture ou le calendrier réglementaire évolue. Une checklist n'est vraiment utile que si l'équipe sait à quelle date elle a été vérifiée et dans quels cas elle s'applique. Indiquez donc dans votre procédure la date de la dernière revue et la personne qui en est responsable.

Sources

  1. Entreprendre Service Public - Mentions obligatoires sur une facture
  2. Légifrance - Article 242 nonies A, annexe II du CGI
  3. Légifrance - Article L441-9 du Code de commerce
  4. Ministère de l'Économie - Mentions obligatoires d'une facture

Questions fréquentes sur les mentions obligatoires d'une facture

Combien de mentions obligatoires une facture doit-elle contenir ?

Il n'existe pas un nombre unique valable pour toutes les factures. Les mentions à prévoir dépendent notamment de l'émetteur, du client, du régime de TVA, de l'opération et de la date d'application de la réforme. Commencez par les mentions de base, puis ajoutez celles qui correspondent à votre situation. [1] [2] [3]

Le numéro de TVA est-il obligatoire sur toutes les factures ?

Non, pas nécessairement. L'obligation d'afficher un numéro de TVA dépend du type d'opération et du régime de TVA. Le CGI prévoit également des allègements limités pour certaines factures d'un montant inférieur ou égal à 150 € HT, avec des exceptions. Vérifiez donc votre situation avant de supprimer un numéro ou une mention. [1] [2]

L'indemnité forfaitaire de 40 € doit-elle figurer sur une facture adressée à un particulier ?

Non. L'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement concerne les retards de paiement entre professionnels. Pour une facture adressée à un particulier, ce sont les mentions propres à la vente B2C qu'il faut vérifier, notamment celles liées à la garantie légale lorsqu'elle s'applique. [1] [3]

Quand les quatre données de la réforme deviennent-elles obligatoires ?

Elles deviennent obligatoires selon le calendrier prévu par la réforme : au 1er septembre 2026 pour les factures émises par les grandes entreprises et les ETI, puis au 1er septembre 2027 pour celles émises par les PME et les microentreprises qui entrent dans son périmètre. La date à retenir dépend donc de l'entreprise qui émet la facture et de la nature de l'opération. [1] [2] [4]

Le numéro du bon de commande est-il toujours requis ?

Non. Le numéro du bon de commande doit figurer sur la facture lorsque l'acheteur en a établi un au préalable. Si vos clients utilisent systématiquement cette référence, ajoutez ce point à votre fiche client ou à votre checklist. [1] [3]

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