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chronique

Rentrée scolaire : et si on posait des congés ?

Equilibre vie pro - vie perso

  3 mins

 

Parent en congé à la rentrée scolaire pour éviter le stress et le chaos de septembre

Et si, au lieu de subir le chaos des cartables et des formulaires à remplir en 15 exemplaires, on posait des congés ? Un acte de rébellion douce pour préserver notre santé mentale… et limiter notre stress parental.

« Le rush de la rentrée », « le stress de la rentrée » … J’ai souvent entendu ces expressions sans comprendre vraiment ce dont il était question. Les premières années de la vie de mon fils, son assistante maternelle prenait trois semaines de vacances en juillet. Et par conséquent, nous aussi. Le mois de septembre avait donc un goût de mois d’août prolongé : le travail qui avait déjà repris depuis longtemps, le soleil qui brille encore tard…  

Or une étude menée en 2022 par GoStudent en collaboration avec Kantar révèle que 87 % des parents se disent stressés par la rentrée scolaire. Est-ce qu'à l’époque je faisais partie des 13 % restants ? Spoiler : non.  

Car la première rentrée de mon fils à l’école a fini par arriver. Et je me suis réveillée mi-octobre avec l’impression d’avoir passé les semaines précédentes à me faire malmener par un 36 tonnes. Brutalement, j’ai compris. L’achat des fournitures scolaires, les vêtements d’automne à commander, les dossiers à remplir en mentionnant plusieurs fois les mêmes informations, les dix-huit réunions de rentrée, le travail qui reprend en même temps sur les chapeaux de roue après quelques semaines de vacances, la carte bleue qui chauffe sans discontinuer…  

Bref, cette année-là, j’ai vécu le fameux « rush de la rentrée ». Et je me suis promis une chose : plus jamais.

L’année suivante, j’ai tenu ma promesse : j’étais en congé maternité au moment de la rentrée de mon fils. Ma fille faisait ses nuits et des siestes interminables donc la rentrée de septembre a eu un goût de dolce vita très appréciable. Cette année, j’ai repensé à la rentrée 2023 et à cette promesse que je m’étais faite.  

Le lundi 1er septembre 2025, je vais donc déposer mon fils à l’école. Les deux jours qui vont suivre, je ne travaillerai pas. Mes clients le savent : je serai de retour le 3 septembre. Mon objectif, à moyen terme, est de réussir à poser intégralement cette semaine-là.

Pourquoi ? Pour me remettre de deux mois de vacances scolaires qui, si elles ont le mérite d’être chouettes, sont quand même intenses avec deux enfants en bas âge. Bien sûr, je ne partirai pas en vacances, car il faut bien récupérer les enfants le soir. Mais je vais en profiter pour lire, écrire ou encore dormir sans être coupée toutes les deux secondes. Pour prendre du temps pour moi et recharger pleinement mes batteries. Je sais maintenant que le mois de septembre va être intense. Alors autant le commencer sereinement.  

J’ai aussi préparé l’artillerie lourde : l’abonnement pendant deux mois à une box de repas pour alléger la charge mentale de ce côté-là, les vêtements déjà achetés, les photos d’identité faites, la page vaccins du carnet de santé et celle de l’assurance scolaire imprimées en 15 exemplaires…

Ma mission ? Réussir à faire partie des 13 % de parents qui vivent une rentrée sans stress. 

Je vous tiens informés.  

35h et des poussettes

Si comme moi vous jonglez entre réunions et changements de couches, rejoignez-nous pour des discussions franches, des astuces pratiques et une bonne dose d'humour. Si vous négociez des contrats tout en faisant les devoirs ou en préparant des biberons, cette chronique est faite pour vous ! Plongez avec moi dans le grand bain de la parentalité où carrière et famille se disputent la vedette.

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chronique

J’ai testé le rôle d’ambassadeur de la biodiversité au travail

En immersion

  4 mins

 

Collaborateur souriant tend la main dans un bureau végétalisé, ambassadeur biodiversité

Changement climatique, disparition des espèces, impact environnemental… Des sujets qui préoccupent mais qui, au bureau, ne sont pas au cœur des discussions. Entre deadlines et réunions, pas facile d’évoquer le gaz à effet de serre ou l’élévation du niveau de la mer ; ni de savoir comment agir concrètement. Pourtant, de plus en plus d’entreprises encouragent leurs collaborateurs à s’engager plus fortement dans les sujets RSE, et parfois, d’avoir un rôle d’ambassadeur de la nature.

L’idée ? Sensibiliser ses collègues, proposer des actions concrètes et contribuer, à son échelle, à un impact positif sur l’environnement. Sensible à sujet, - mais peu actif il faut le reconnaitre - j’ai relevé le défi : pendant une semaine, j’ai tenté d’incarner ce rôle en entreprise. Sacrée épreuve.


Jours 1-2 : prise de conscience

Je commence ma semaine par un état des lieux. Que fait mon entreprise en matière de biodiversité ? Quels sont ses engagements en termes de RSE ? Je pose quelques questions autour de moi et… pas évident. Peu de collègues arrivent à me parler clairement du sujet. On m’évoque l’empreinte carbone ou des actions pour la mobilité durable, mais la biodiversité reste un sujet encore flou.

Première mission : m’informer. Je (re)découvre que mon entreprise s’est engagée sur plusieurs actions et s’est fixée plusieurs objectifs. Cela dit, ça manque parfois de visibilité. Je me dis aussi que des actions simples peuvent avoir un impact énorme : privilégier des fournisseurs locaux et engagés, verdir les espaces extérieurs ou acheter certains produits en vrac. Assez vite, je me rends compte que la biodiversité ne se limite pas à planter des arbres, mais touche fortement notre quotidien au bureau.

Jours 3-4 : premières actions, premiers blocages

C’est mercredi, il est temps que je passe à l’action. Avec l’aval de ma manageuse, je propose à l’équipe quelques idées : organiser un "challenge zéro déchet", inviter un expert pour un atelier pratique, revoir nos choix de fournisseurs lors des événements pour des produits plus responsables…

Réactions mitigées. Alors que certains trouvent ça génial, j’observe quand même quelques sourcils qui décollent. Le plus complexe n’est pas d’avoir des idées, (d’ailleurs mon approche fait des émules) mais de donner envie de se mettre en action. Je décide d’y aller progressivement et de commencer par des actions visibles et rapides à mettre en place pour embarquer l’équipe. Le thé en vrac fait mouche : une fois en place, tout le monde est ravi.

Je complète avec une approche plus ludique : une petite infographie sur les bonnes pratiques au bureau en faveur de la biodiversité que je glisse dans notre newsletter interne. Succès immédiat, j’entends plusieurs personnes discuter des écogestes à la pause-café.

 

Jour 5 : Un impact concret… et des perspectives

Vendredi, j’organise un petit-déjeuner éco-responsable avec des produits locaux et bio. L’idée est simple : montrer qu’on peut allier plaisir et engagement, sans forcément des conséquences budgétaires. Et ça marche ! Les discussions s’enchaînent, plusieurs collègues proposent des initiatives, et nous actons même que la semaine prochaine nous ferons un défi sobriété numérique.

Je termine la semaine avec le sourire, et un petit sentiment de fierté. Oui ce n’est pas grand-chose, mais si ça lance une dynamique positive d’amélioration, alors on a tous (et tout) à y gagner.

Bilan du test

Je ne sais pas si j’ai bien su incarner ce rôle, mais une chose est sûre, pour être ambassadeur de la biodiversité, pas besoin d’être un expert. Il ne s’agit pas d’imposer des règles, mais d’ouvrir des discussions et de montrer qu’on peut agir, chacun à son échelle. Vous voulez vous lancer en tant qu’ambassadeur de la biodiversité dans votre entreprise ? Voici ce que je ferai désormais :

  • Commencez par vous informer ! Il y a une tonne de ressources en ligne pour se lancer. Sans être un spécialiste, comprendre les enjeux vous permettra d’être plus crédible et convaincant. Des plateformes comme l’Agenda 2030 en France proposent du contenu vulgarisé pour se lancer.
  • Adoptez une approche positive, car les messages alarmistes peuvent être décourageants. Pour débuter, misez sur des solutions concrètes et faciles à mettre en place.
  • Testez des actions visibles pour montrer rendre la démarche plus concrète. Un choix de café responsable, une imprimante en noir et blanc par défaut, un coin de verdure dans l’open-space… Les petites victoires créent l’adhésion, et peuvent constituer le point de départ de projets d’entreprise, comme la réduction du taux d’émission carbone par salarié.
  • Ne restez pas seul et essayez de trouver des alliés. Il y a forcément des collègues sensibles à certaines causes. Pensez à les impliquer pour créer une dynamique collective.

Cette courte expérience m’aura montré qu’on peut avoir un impact sans révolutionner le monde. Être ambassadeur de la biodiversité, c’est surtout apprendre à semer des graines… et laisser le temps aux idées de germer ! Et vous, prêt à semer ?
 

J'ai testé...

Tester de nouvelles façons de travailler, c'est le principe de cette série d'expérimentations grandeur nature. Chaque chronique raconte une semaine d’immersion pour adopter un nouveau métier, tester une méthode de travail ou tout simplement changer ses habitudes professionnelles... Du ressenti aux enseignements concrets, je teste et je raconte d’autres façons de travailler.

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chronique

Est-ce que je fais un bullshit job ? Le jour où j’ai dû expliquer mon travail à mon fils

Métier

  4 mins

 

Une mère explique à son enfant l’utilité de son travail

Comment expliquer son métier à un enfant lorsque celui-ci n’a rien d'immédiatement compréhensible et concret ? Une plongée dans le regard innocent,ilara et souvent hnt, de ceux qui nous ramènent à l’essentiel : les enfants.

Un bullshit job, selon l'anthropologue états-unien David Graeber, inventeur de cette expression, est « un boulot si inutile que même le salarié ne peut en justifier l’existence, bien que le contrat avec son employeur l’oblige à prétendre qu’il existe une utilité à son travail ». Depuis longtemps, je voyais passer cette expression sans me sentir concernée. Et puis, un jour, mon fils m’a demandé ce que je faisais comme travail. Pour la première fois, je me suis interrogée : est-ce que je fais un bullshit job ?

En plus d’écrire sur le travail et la parentalité, je suis consultante en communication. Pour mes clients, j’élabore (entre autres) des stratégies de communication, je rédige des newsletters et je crée du contenu pour les réseaux sociaux. J’adore mon travail, mes clients, la liberté avec laquelle je gère mon quotidien… Mais face à mon enfant de 3 ans à l’époque, je me suis sentie démunie. Puis-je justifier l’existence de mon travail ? 

Le contraste avec le travail de son père est d’autant plus saisissant qu’il est directeur d’un restaurant. Rien de plus concret pour un enfant qui va voir régulièrement son père au travail. Il peut observer, de manière tangible, les clients, la cuisine, les plats, le service… Son père exerce une profession qui nourrit des gens.

J’ai poursuivi ma réflexion. Qu’aurais-je répondu si j’avais été chirurgienne ou infirmière ? Je soigne les gens. Garagiste ? Je répare des voitures. Avocate ? J’aide les gens à se défendre quand ils ont des problèmes. Des choses visibles, utiles, essentielles.  Alors plus tard, quand il a été en âge d’en saisir les contours, je lui ai expliqué le concept de la publicité. Puis, je lui ai demandé à nouveau ce que je faisais comme travail. Sa réponse ? « Tu travailles sur ton ordinateur et tu fais des glaces ». Le message n’était donc pas passé et sans m’en rendre compte, j’ai brouillé les pistes en lui montrant les vidéos d’un tournage chez un artisan glacier.

J’ai décidé de mener l’enquête du côté des réseaux sociaux en demandant à des parents comment leurs enfants décrivent leur travail. Et les réponses m’ont fait sourire.

Louise, 4 ans : « tu fais manger les bébés pour qu’ils grossissent » (vraie profession : conseillère en allaitement)

Charlotte, 4 ans : « Maman fait travailler les gens dans les petits avions et Papa c’est dans les gros mais il est toujours avec son collègue » (vraie profession : technicienne d’ordonnancement avion sur le programme A320 et câbleur sur le programme A350)

Axel, 7 ans : « tu disputes les grands parce qu’ils font des bêtises » (vraie profession : formatrice en CFA)

Victor, 6 ans : « tu es devant ton ordinateur et tu parles à des gens » (vraie profession : responsable commerciale)

Lucie, 3 ans : « tu démolis des maisons mais seulement s’il n’y a personne dedans » (vraie profession : bureau d’études en démolition)

Maël, 5 ans : « tu es docteur des émotions » (vraie profession : kinésiologue)

Susie, 7 ans : « tu aides les autres maîtresses et tu discutes avec le ministre » (vraie profession : syndicaliste dans l’Éducation nationale)

Théo, 6 ans : « comme moi, tu es déléguée » (vraie profession : déléguée territoriale à l’animation)

Isaac, 3 ans : « Maman, elle fait la fête » (vraie profession : chargée de communication dans une salle de spectacles et événementiel)

Lucas, 5 ans : « Papa fait des trous et Maman donne des sous aux gens » (vraies professions : terrassier dans le BTP et conseillère bancaire)

En lisant ces réponses, je me suis rendue compte à quel point les enfants ont cette faculté à simplifier ce que nous, adultes, rendons souvent si compliqué. À leurs yeux, on démolit des maisons, on fait grossir des bébés ou on fait la fête. Derrière leurs interprétations, il y a une réalité : nos métiers ne sont pas bullshit puisqu'ils sont capables, avec leurs mots, de les raconter. Cela m’a aussi permis de repositionner quelque chose que j’ai tendance à oublier : non, la communication n’est pas inutile. Ce n’est peut-être pas essentiel au sens strict du terme, mais sans moi ou mes collègues, comment ferait notre fameux artisan glacier pour dire aux gens que ses glaces existent ? 

Il semblerait que finalement, le regard et les mots de nos enfants nous aident à nous rappeler l’essence même de ce que nous faisons. Le fameux « pourquoi » qu’on oublie parfois, et qu’il est bon de retrouver !

35h et des poussettes

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Quand nos enfants nous voient scroller  : l’effet miroir des écrans parentaux

Technologies

  4 mins

 

Un enfant observe son parent absorbé par l’écran de son smartphone.

« Pas d’écran le matin », la phrase de la maîtresse claque comme une sentence. Fierté pour les uns, culpabilité pour les autres. Et si le vrai problème du rapport aux écrans de nos enfants, c’était… nos propres écrans ?

Réunion de rentrée scolaire, moyenne section de maternelle. On est en 2024. Nous, parents d’élèves, sommes inconfortablement installés sur les chaises minuscules qui habituellement accueillent nos progénitures. Nous écoutons religieusement la maîtresse. Elle évoque pêle-mêle les grands projets pédagogiques de l’année, le rappel des horaires, les sorties scolaires, le matériel à avoir… Et tout à coup, elle prononce cette phrase « je vous demande également d’éviter de mettre vos enfants devant des écrans le matin avant de venir à l’école, nous observons vraiment une différence de comportement entre ceux qui regardent des dessins animés et les autres ».

La messe est dite. Un silence empreint à la fois de culpabilité et de fierté se fait dans l’assemblée. D’un côté, les parents qui gardent la tête haute et qui approuvent. Ceux qui ont mis en place une règle bien définie telle que « pas d’écran sauf le week-end ». De l’autre côté ? Les autres. Les « coupables ». Celles et ceux qui ont lâché l’affaire.  

Pourtant, lorsque j’étais enfant (et je ne suis pas si âgée), les écrans n’étaient pas un sujet. La télévision tournait en fond sonore et je regardais les dessins animés le matin avant de partir à l’école. Puis, lorsque nous avons accueilli notre premier ordinateur, la bataille qui se jouait n’était pas de savoir combien de temps j’allais pouvoir l’utiliser, mais qui de mon frère ou moi allait avoir la chance de se connecter sur MSN et d’entendre le doux bruit de connexion que seuls ceux nés avant les années 2000 connaissent bien.  

Mais depuis, les nombreuses études traitant de l’impact des écrans sur les enfants ont sonné la fin de la récré. Ici, on apprend qu’avoir la télévision allumée pendant les repas en famille à l’âge de 2 ans (41 % des enfants) est associé à de moins bons scores de développement du langage au même âge. , que l’exposition aux écrans provoque un risque multiplié par 3 pour les troubles du langage chez les enfants de 0 à 3 ans, et x 6 si l’enfant en parle rarement avec ses parents.

Je fais partie des parents qui ont instauré la fameuse règle « pas d’écran sauf le week-end ». On y déroge rarement. Pourtant, rares sont les jours de semaine où mon fils de 5 ans ne tente pas une petite négociation. Même si j’argumente en rappelant le cadre. Même si j’explique que ce n’est pas bon pour son cerveau. Et vous savez quoi ? Je comprends qu’il ne comprenne pas.  

Car les écrans sont partout dans ma vie et dans celle de son père. Et comme dit Ben Mazué dans sa chanson Quand je marche : « les gamins, c'est fait de ce que je fais, pas fait de ce que je veux, encore moins fait de ce que je dis ». Évidemment.

Pour connaître la météo et savoir comment je l’habille ? Direction l’application météo de mon téléphone. Pour aller à l’anniversaire d’un copain à lui ? J’active Waze sur mon téléphone. Pour que l’on cuisine ensemble ? Je cherche une recette sur mon téléphone. Pour écouter de la musique ? Je connecte l’enceinte Bluetooth à mon ordinateur. Quand je lui dis « là, je suis en train de travailler », je le fais en tapant sur le clavier de mon ordinateur. Quand je veux connaître l’heure, j’ai honte de le dire, mais il n’y a pas d’horloge chez moi... je regarde mon téléphone ou mon ordinateur ! Je suis obligée d’arrêter cette liste non-exhaustive ici, car sinon, il ne s’agirait plus d’une chronique mais d’un essai en trois tomes.  

Et je n’ai pas parlé des nombreuses fois où je scrolle machinalement devant mes enfants et que mon fils se poste derrière moi en me demandant : « c’est qui, cette personne sur la vidéo ? ». J’ai tellement honte que je n’ai jamais osé répondre « je ne sais pas ». Alors que souvent, la réalité, c’est que la personne sur la vidéo, je ne sais pas qui c’est. À force de me voir faire, il sait faire, aussi. Mon fils de 5 ans sait swiper et utiliser Spotify sans problème et là aussi, j’ai honte de le dire.  

Début 2025, dans la liste de mes objectifs annuels, j’avais inscrit : « ne pas utiliser mon téléphone le soir tant que les enfants ne sont pas au lit ». Pour plus de cohérence et pour éviter le fameux effet miroir, il me reste donc encore trois mois pour y parvenir.   

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chronique

Entre biberons et bilans : le congé maternité des cheffes d’entreprise

Parentalité

  3 mins

 

Dirigeante enceinte écrivant des post-it dans un bureau moderne vitré

Il y a quelques années, j’ai lu par hasard un article qui m’a beaucoup marquée. Une gérante d’entreprise devait rembourser l’intégralité des indemnités reçues pendant son congé maternité, car la Sécurité Sociale avait découvert, via ses réseaux sociaux, qu’elle continuait à travailler.  

C’est parce que j’avais cet article bien en tête, même des années plus tard (et aussi bien sûr pour profiter pleinement de mon bébé) qu’à partir du 10 juillet 2024, jour officiel de mon congé maternité, j’ai totalement arrêté de travailler.

Je l’avais évoqué avec mon associée bien en amont, et nous avions beaucoup travaillé au préalable pour préparer le plus sereinement possible cet arrêt total de presque 4 mois.

J’avais imaginé une reprise sur les chapeaux de roue, pleine de nouvelles idées, d’énergie… Mais les choses ne se sont pas déroulé comme je le pensais. Quoique. On pourrait effectivement parler d’une « reprise sur les chapeaux de roue ». C'est "les chapeaux de roue", une liquidation judiciaire.  

Je me suis retrouvée au tribunal de commerce avec ma fille de trois mois dans le porte-bébé.  

D’ailleurs, les liquidateurs ont trouvé qu’elle avait été particulièrement sage. Ce à quoi j’ai répondu « vous voyez Messieurs, je n’ai pas tout raté ».  

Ce congé maternité réel, que j’ai pris comme si j’étais salariée, a signé la fin de mon entreprise.

Car ma petite agence, qui fonctionnait jusqu’à présent avec trois personnes à temps plein (mon associée, notre salariée en alternance et moi-même), n’a pas supporté de passer à deux. Nous n’avions pas les moyens d’embaucher un profil senior pour me remplacer. Alors, nous avons dû nous rendre à l’évidence et tout arrêter.  

J’avais respecté à la lettre l’engagement que j’avais pris auprès de la Sécurité Sociale : ne pas travailler pendant la durée de mon congé maternité.  

Il était hors de question pour moi de prendre le risque de devoir un jour rembourser les milliers d’euros d’indemnisation perçus pendant ces quatre mois. Lorsque l’on coche toutes les cases pour en bénéficier, cet argent est le bienvenu, évidemment.

Mais que se serait-il passé si j’avais pu, de temps en temps, apporter un peu de ma force de travail à mon équipe ? Aider mon associée alors qu’elle se retrouvait pour la première fois seule à piloter le navire ?

Nous n’aurons jamais la réponse, bien que j’ai ma petite idée. Car je suis entourée de dirigeantes ayant des enfants en bas âge, et je peux vous l’assurer : rares sont celles qui arrêtent vraiment de travailler pendant leur congé maternité. Elles sont essentielles au bon fonctionnement de l’entreprise qu’elles ont fondé ou co-fondé, et pour laquelle elles se battent chaque jour depuis des années.

Je ne connais pas une seule cheffe d’entreprise qui a vécu un congé maternité serein.

Je pense à celle qui m’a raconté qu’elle préparait le bilan comptable de son entreprise, entourée de classeurs sur son lit d’hôpital, alors qu’elle était en menace d’accouchement prématuré. 
Je pense à celle qui a dû revenir au travail du jour au lendemain avec son bébé dans les bras, car les problèmes de trésorerie ne lui ont pas laissé le choix.  
Je pense à celle qui a repris son activité trois semaines après son accouchement, car l’indemnisation de la Sécurité Sociale était largement inférieure à ce qu’elle gagnait habituellement. 
Je pense à celle qui a dû gérer l’abandon de poste d’une salariée le jour de la naissance de son premier enfant.

Entreprendre, c’est sauter d’un avion et construire soi-même un parachute pendant le plongeon.

Et si pendant cette période aussi intense que vertigineuse, on offrait pour une fois aux dirigeantes un parachute solide et sûr ?  

 

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Travailler avec son bébé : la fausse bonne idée

Parentalité

  3 mins

 

Mère stressée travaillant à domicile avec son bébé assis à côté dans une chaise haute

On pourrait presque croire au tableau idéal d’une mère et d’une femme accomplie : elle envoie des mails importants depuis son ordinateur, négocie des contrats en visio en buvant une tasse de café fumante. Tout cela pendant que son bébé dort paisiblement dans son couffin en osier. Le rêve en somme. Enfin, moi, j’y ai presque cru. Récit d’une fausse bonne idée.

Je me souviens de ce moment comme si c’était hier. La clé de la maison dans une main, mon fils de presque deux ans dans l’autre, je prends l’appel de ma meilleure amie. Elle est à la fin de sa première grossesse et s’apprête à accepter un poste de cadre en 100 % télétravail. Ou en « full remote », comme disent ceux qui ont un langage que je ne comprends pas toujours. Sa voix résonne dans mes écouteurs : « Je veux que tu sois honnête : penses-tu que c’est une bonne idée d’accepter le poste tout en gardant ma fille à la maison ? »

Ni vraiment au travail, ni vraiment avec son enfant

Je déroule alors la plaidoirie la plus importante de toute l’histoire de notre amitié : “Non, ce n’est pas une bonne idée”. J’insiste à la fois sur la charge mentale prévisible qui surviendrait alors, sur le quotidien difficile même si le bébé est “facile” et en bonne santé, sur les tours de passe-passe que chaque rendez-vous en visio impliquerait…  

Et pour finir, je lui dis ce que j’ai ressenti les rares fois où j’ai tenté l’expérience de travailler tout en restant avec mon fils : cette sensation étrange d’être « ni-ni ». Ni vraiment au travail, ni vraiment avec lui.

Après cette conversation, elle fait le choix de faire garder son fils par une assistante maternelle et quelques mois plus tard, alors qu’elle tente de travailler tout en gardant sa fille malade, elle me dit merci.

Une sage-femme vraiment très sage

Deux ans plus tard, je vis ma deuxième grossesse. Je mets tout en œuvre pour vivre un congé maternité, un vrai. Un défi, quand on est à son compte. Il doit se terminer fin octobre, et je prends une décision : faire garder ma fille seulement en janvier, et reprendre « tranquillement » à mi-temps en novembre et en décembre. Avec elle, donc.  

Trois semaines après ma reprise, je commence les séances de rééducation de mon périnée. La première a lieu un mercredi à 10h30. Juste avant, je dois récupérer une sonde vaginale à la pharmacie. À 10h20, j’entre dans la pharmacie. La file d’attente est aussi longue que la to-do liste de ma journée. Intérieurement, je me mets à pester contre toutes les personnes devant moi qui, j’en suis sûre, n’ont rien à faire là. Je n’arriverai jamais à l’heure. Mon taux de cortisol augmente au fur et à mesure que les minutes passent. Je m’effondre en larmes. Quand vient mon tour, je trouve que la pharmacienne est trop lente, il est déjà 10h32, les larmes coulent sur mes joues sans s’arrêter. Je finis par arriver à 10h37 dans la salle d’attente de ma sage-femme. En pleurs, toujours. Finalement, les consultations ont du retard et mon tour n’est pas arrivé. Mais je continue à pleurer, en pensant à tout ce que j’ai à faire, en me disant que je n’y arriverai jamais.

Quand elle finit par m’inviter à rentrer, elle comprend tout de suite. Elle m’observe, prend la sonde vaginale et me dit qu’il va attendre, mon périnée. En quelques minutes, je déverse mes larmes, ma to-do liste et ma charge mentale. Elle me demande pourquoi j’ai choisi de reprendre le travail alors que ma fille n’est pas encore gardée. Silence. La consultation se termine sur les mots de cette sage-femme, vraiment très sage. « Et à votre meilleure amie, qu’est-ce que vous conseilleriez ? ». 

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Quand c’est le père qui arrête de travailler

Parentalité

  3 mins

 

Père barbu tenant tendrement son bébé endormi dans ses bras

Connaissez-vous votre numéro de Sécurité Sociale par cœur ? Moi, oui. Parmi les nombres faciles à retenir, il y a aussi 0,8 % : le pourcentage de pères qui prennent un congé parental en France. D’ailleurs, j’en ai côtoyé un.

Il y a des nombres que l’on retient mieux que d’autres. Moi, c’est mon numéro de Sécurité Sociale, que je connais enfin par cœur après des dizaines d’appels à la CPAM pendant mon congé maternité. Les trois premiers départements français (01 Ain, 02 Aisne, 03 Allier) car mon père nous apprenait la liste quand nous étions petits (désolée Papa, mais ma mémoire a été sélective et puis qui connaît vraiment le département 53 ?). 10 000, le nombre de pas que l’on doit faire par jour et qui se transforme en véritable charge mentale lorsque l’on travaille derrière un bureau et que le soir un commentaire ouais en rentrant à la maison, il faut choisir entre faire une rando ou nourrir ses enfants. Et… 0,8 %.

0,8 %, c’est le pourcentage de pères qui prennent un congé parental en France. Ce chiffre est issu d’une étude réalisée par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) en 2021.  

Le congé parental, chaque parent peut le prendre

Le congé parental d’éducation, que le gouvernement envisage d’ailleurs de réformer, permet à un parent salarié de cesser son activité professionnelle pour éduquer son enfant, pendant trois ans maximum. Le parent perçoit alors une indemnité de 428,71 € mensuels et ce, quel que soit son revenu salarié. Le gouvernement envisageait en 2024 de diminuer ce congé et d’augmenter son indemnisation.
Vous noterez que je n’ai pas écrit « la mère » ou « le père ». J’ai bien écrit « le parent ». En effet, le congé parental porte bien son nom : tout le monde peut le prendre. Mais pour le moment, tout le monde… ce sont les femmes. À plus de 99 %.
Est-ce dû au fait que les hommes gagnent encore plus que les femmes, et que les familles font le choix de conserver le plus haut salaire ? Ou bien au fait que la charge éducative revient encore plus souvent aux mères ? La réponse se situe sûrement entre les deux.

Je n’avais pas connaissance de ce pourcentage lorsque mon premier enfant a été gardé par son père les neuf premiers mois de sa vie. Mais les regards interloqués de notre entourage lorsque nous avons annoncé ce choix étaient sans équivoque : nous faisions figure d’exception. Plusieurs fois au cours de ces neuf mois, on lui a demandé « mais pourquoi tu ne reprends pas le travail ? ». Pourtant, la réponse, on l’avait déjà donnée : il voulait profiter de son fils et je voulais lancer mon activité.  

Les effets réels sur la vie des pères

Je vais aller droit au but, comme à Marseille : non, je ne vais pas vous dépeindre le tableau parfait de l’équilibre idéal enfin trouvé lorsque c’est le père qui arrête de travailler. Je laisse cela aux articles qui évoquent du modèle suédois (les pères suédois prennent le plus long congé parental du monde : 144 jours en moyenne). À l’arrivée de notre premier enfant, on a galéré, comme tout le monde. On a même eu droit à un baby clash, une dépression post-partum… J’aurais aimé défendre le congé parental pris par le père en disant que cela règle tous les problèmes. Mais si on m’a appris les départements (ou du moins, essayé), on m’a également appris à ne pas mentir.
Néanmoins, si l’on devait réécrire l’histoire 1000 fois, on referait 1000 fois ce choix-là. Surtout lui. Sa carrière n’en a pas souffert, bien au contraire. Elle a fait un bond considérable après ce long arrêt. Et puis, je cite, « il y a des moments qui ne reviennent jamais ».  

J’ai d’ailleurs été un peu jalouse parfois, je l’admets. Alors à notre deuxième enfant, c’est moi qui ai fait le choix d’arrêter de travailler plus longtemps. 50/50, donc : une combinaison que j’aimerais plus souvent croiser.

35h et des poussettes

Si comme moi vous jonglez entre réunions et changements de couches, rejoignez-nous pour des discussions franches, des astuces pratiques et une bonne dose d'humour. Si vous négociez des contrats tout en faisant les devoirs ou en préparant des biberons, cette chronique est faite pour vous ! Plongez avec moi dans le grand bain de la parentalité où carrière et famille se disputent la vedette.

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chronique

Fausse couche, vrai sujet : faut-il en parler au travail ?

Parentalité

  3 mins

 

Femme triste et pensive en pyjama bleu assise devant un lit de bébé vide

Je fais partie de ces personnes qui pensent que sur les réseaux sociaux, tout n’est pas à jeter. Bien au contraire. Ils ont notamment permis la libération de la parole sur de nombreux sujets. Parmi eux : la fausse couche. 
De plus en plus de femmes demandent d’ailleurs à ce que l’on cesse d’utiliser ce terme et qu’on lui préfère l’expression de “grossesse arrêtée”. Car rien n’est faux, dans une grossesse qui s’arrête. Tout est réel, tangible, brutal.

400 000 personnes touchées par an

Longtemps tabou, le sujet est de plus abordé. En témoigne notamment le succès du compte Instagram @mespresquesriens et ses 31 000 abonnés, derrière lequel se cache Mathilde Lemiesle, qui a fait de la grossesse arrêtée son cheval de bataille. Et il n’est pas rare de croiser en scrollant sur les réseaux une créatrice de contenus évoquant avec tristesse et transparence une grossesse arrêtée, permettant ainsi à des milliers de femmes de se sentir moins seules.  

Des milliers, voire… Des centaines de milliers ? Car en France, 200 000 femmes subissent cela chaque année. Une grossesse sur quatre s’arrête au cours du premier trimestre. 200 000 femmes et donc, par ricochet, environ 200 000 co-parents concernés.  

Une grossesse qui s’arrête pour 400 000 personnes, c’est tout sauf «presque rien»

Pourtant, dans le cadre professionnel, souvent, les femmes préfèrent le taire. Les raisons évoquées sont multiples. Et compréhensibles. Parmi elles : la honte, la pudeur, la peur de dévoiler au travail le désir d’avoir un bébé, l’appréhension face aux éventuelles réflexions maladroites telles que « t’en feras d’autres », « tu n’aurais pas dû faire autant de sport » ou encore « au moins tu sais que ça fonctionne ».  

Un mouvement de société en cours

Si les dirigeantes qui traversent une telle épreuve peuvent arrêter de travailler quelques jours sans devoir vraiment le justifier, ce n’est pas le cas des salariées. Jusqu’à récemment, les femmes salariées confrontées à une interruption médicale de grossesse pouvaient bénéficier d’un arrêt de travail classique (pas toujours proposé par les médecins, mais c’est un autre sujet) incluant les habituels trois jours de carence. Ce n’est que depuis le 1er juillet 2024 que ces jours de carence ont été supprimés, grâce notamment à une mobilisation massive sur les réseaux sociaux et à une pétition publiée dans le journal Le Monde ayant récolté plus de 38 000 signatures.

Mais subsiste encore cette question : faut-il en parler au travail ? La réponse est loin d’être évidente, et je sais que pour de nombreuses femmes encore, c’est un « non » catégorique. Pour nuancer ce « non », je pourrais parler de cette amie qui l’a fait. Je me souviens qu’elle a longtemps hésité. Mais entre le moment où elle a appris que le cœur du fœtus avait cessé de battre et le moment où a eu lieu l’intervention, deux semaines sont passées. Deux semaines de souffrance indicible, de larmes, de rendez-vous médicaux. Deux semaines interminables, pendant lesquelles elle avait pourtant des comptes à rendre au travail, des délais à respecter, une équipe à manager.

Lorsqu’elle a fini par parler de cette interruption de grossesse à son supérieur hiérarchique, elle s’est sentie soulagée. Car contre toute attente, cette annonce a été accueillie par cet homme avec beaucoup de bienveillance et d’empathie. Les mots qu’il a eus à l’égard de mon amie lui ont même fait penser qu’il avait certainement traversé un jour cette épreuve avec sa femme. Elle a donc pu avoir le temps de la tristesse, du deuil (car c'est de cela dont il s'agit) et l’attachement à l’entreprise pour laquelle elle travaille n’en a été que renforcé.  

Il existe donc un monde du travail dans lequel la souffrance des femmes traversant cet événement traumatique n’est pas minimisée.  

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chronique

Parents et assistantes maternelles : la guerre des horaires

Parentalité

  3 mins

 

Maman aide sa fille malade à se moucher, assise avec son doudou en main.

Ce n’est pas la première fois que j’entends ce discours : le manque de souplesse de nombreuses assistantes maternelles concernant les horaires. En y réfléchissant bien, je réalise que les deux assistantes maternelles embauchées pour mes enfants ont toujours été très claires dès la signature du contrat : les horaires sont les horaires. Pour chaque retard, même de quelques minutes, l’heure supplémentaire sera entièrement facturée.

En sondant d’autres parents autour de moi, je constate pourtant que rares sont ceux qui, comme moi, décident de respecter ces horaires à la lettre sans rechigner. Ils évoquent notamment leur rythme effréné. Sur les forums, celles qu’on appelle également « les nounous » mentionnent, elles aussi, leur rythme effréné. Et se plaignent des parents qui enchaînent retard sur retard. « Toujours les mêmes », disent-elles.

Le problème des horaires ne concerne pas seulement les retards

Il y a quelques semaines, lorsque j’arrive pour récupérer ma fille chez sa nounou, cette dernière se confond en excuses. Il est 16 h 50 et mon bébé n’a toujours pas pris son goûter. Les parents des enfants qu’elle garde sont tous arrivés en avance. Cela fait donc presque une heure qu’elle est occupée à rassembler précipitamment les affaires d’un enfant, lui enfiler son manteau et ses chaussures, faire le récit détaillé de la journée, avant de reproduire la même scène avec un autre enfant et un autre parent. Pendant ce temps-là, ma fille a attendu patiemment - et en vain - sur sa chaise haute qu’on lui donne sa compote, ouverte sur la table, mais pas encore entamée. La nounou, débordée par cet enchaînement de départs inopinés, s’en veut. Elle a l’air également d’en vouloir aux parents de ne pas respecter l’heure habituelle. Avec quatre enfants à garder, son organisation est millimétrée. Le moindre imprévu au planning vient tout bouleverser.  

En insérant la clé dans le contact de ma voiture pour rentrer chez moi avec ma fille qui n’a pas pris son goûter, je pense aux trois parents, sûrement ravis de pouvoir récupérer leurs enfants plus tôt que prévu. Sans se douter un instant qu’ils allaient perturber le rythme de l’assistante maternelle et, par conséquent, des enfants gardés.

Je pense aussi à cette femme qui m’a dit un jour envisager de changer d’assistante maternelle, car cette dernière n’acceptait pas ses retards fréquents pour récupérer son fils le soir. « Je travaille, c’est la course, et parfois, je ne parviens pas à partir à l’heure », m’avait-elle expliqué.

Des droits et des obligations  

Pourtant, la relation entre les parents et les assistantes maternelles est encadrée par un contrat de travail qui mentionne précisément ces horaires. En effet, l’assistante maternelle est la salariée des parents, qui ont des droits, mais aussi des obligations. Comme celles de respecter les horaires et, quand ils ne le peuvent pas, de prévenir et de rémunérer les heures supplémentaires prévues par le contrat.  

Si certaines assistantes maternelles sont « spécialisées » dans les horaires atypiques et acceptent de fait les enfants dont les parents ont des plannings compliqués, la majorité d’entre elles organisent, comme la majorité d’entre nous, leur vie privée autour de leur travail. Pour cela, elles ont besoin d’anticipation et d’organisation.  

Dans un forum, l’une d’elles rappelle que quand ça se passe bien, c’est qu’il y a avant tout une bonne communication. Ainsi, sans surprise encore une fois : bien communiquer est la clé. Une clé qui ouvre la porte de la sérénité. Et ce, des deux côtés.

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Longue maladie d’un enfant : quand le travail s’arrête brutalement

Parentalité

  3 mins

 

Enfant assis jouant avec des jouets colorés devant un rideau décoré d'étoiles et planètes

Ils évoluent dans un monde parallèle. Un monde que l’on entrevoit au détour d’une publication ou d’une vidéo Instagram. Un monde qu’il est parfois difficile de regarder en face. Car ce monde-là fait peur, aucun parent n’a envie d’y habiter. C’est le monde des parents dont l’enfant est atteint d’une grave maladie.

Cela commence souvent par une intuition, un symptôme. Puis arrive un parcours, parfois long, ponctué de tests, d’analyses, de rendez-vous médicaux. Et enfin, un diagnostic : cancer pédiatrique, maladie génétique, maladie orpheline… Ces mots, implacables et terrifiants, marquent le début d’un nouveau quotidien. Un quotidien où il va être question de se battre, jour après jour. Un quotidien où le rôle de parents va côtoyer une nouvelle fonction : celle d’aidant. Un quotidien qu’il faut réinventer.

Cela commence souvent par arrêter de travailler

Contactée par téléphone, Amélie Aesbacher raconte que la question du travail ne s’est pas posée à l’annonce du diagnostic du cancer pédiatrique de son fils Léo, décédé à l’âge de 16 mois après de longs mois de combat. Elle était encore en congé maternité, et son mari Bastien a simplement prévenu son employeur. La nouvelle assomme, le travail n’est pas un sujet. Mais passé le choc de l’annonce, il faut quand même s’y pencher. L’entreprise de son mari a lancé le dispositif « dons de congés » qui lui a permis de bénéficier de six mois de congés payés offerts par ses collègues. Quant à elle, son médecin traitant l’a mise en congé longue maladie. Elle précise d’ailleurs que rares sont les médecins qui acceptent de le faire. Dans ce cas, l’un des deux parents peut bénéficier d’une allocation mensuelle d’environ 1000 euros par mois.  

Si le parcours de soin est bien pris en charge en France, il y a de nombreux « à côté » et l’argent peut rapidement devenir une problématique. Une grande partie des soins de Léo avait lieu à Paris et la prise en charge du voyage depuis Toulouse n’était prévue que pour un seul accompagnant. Il leur arrivait pourtant souvent de se rendre à Paris en famille, avec Tom, leur premier enfant. Cela leur a permis de passer tous ensemble les dernières semaines de vie de Léo. À leur frais. Dans ce cas, un système D se met en place. Leurs amis ont lancé une cagnotte en ligne, massivement partagée sur les réseaux sociaux, qui leur a permis de récolter 16 000 euros.

Des frais exceptionnels

Le système D fait aussi partie de la vie de Nate et de sa famille. Morgane May, à l’origine du compte Instagram @lesouriredenate, partage chaque jour son quotidien de mère d’un enfant polyhandicapé. Son fils Nate, âgé de bientôt 5 ans, est atteint d’une maladie génétique rare appelée « syndrome d’Allan Herndon Dudley ». Cette maladie, qui induit notamment une hypotonie axiale sévère, une absence de marche et de langage ainsi qu’une alimentation par gastrostomie, a été diagnostiquée alors qu’il avait peine quelques mois. Morgane a fondé une association qui lui permet de récolter des fonds pour acheter le matériel spécialisé non pris en charge dont son fils a besoin pour vivre, les stages intensifs, les séances de rééducation… Régulièrement, elle organise aussi des tombolas ou des courses solidaires.

Elle a également arrêté de travailler à l’annonce de la maladie de son fils. Le monde du travail n’est pas compatible avec les nombreux rendez-vous médicaux, généralement fixés à des horaires imposés. Amélie a essayé, un temps, de garder une petite activité professionnelle, mais travailler dans la chambre d’hôpital de son fils ou dans les espaces communs était presque impossible. Elle évoque aussi la perte de sens. Après avoir côtoyé ce qu’elle appelle « les abysses de la vie », elle se demande comment elle a fait pour travailler sept années durant pour des industries.

Morgane n’a jamais repris le travail depuis. Au détour d’une story, il lui arrive d’évoquer sa vie d’avant. Et de dire, à demi-mot, que son travail lui manque.  

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