Bien que les frais kilométriques fassent partie des frais professionnels les plus courants, ils comptent parmi les plus sensibles à gérer pour les RH. Entre application du bon barème, justificatifs à recueillir, règles fiscales à respecter et attentes des collaborateurs, le risque d’erreur ou d’inéquité est réel.
Pour sécuriser vos pratiques, il est essentiel de bien cadrer le remboursement des frais kilométriques : modalités (réel ou forfait), plafonds applicables, cas particuliers (véhicule électrique, deux-roues, vélo…), procédure interne, délais de remboursement et impact en paie. Cet article fait le point sur les règles à connaître et les bonnes pratiques à adopter côté RH.
Sommaire

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Calcul des frais kilométriques
Les frais kilométriques correspondent aux dépenses engagées par un salarié lorsqu’il utilise son véhicule personnel dans le cadre de son activité professionnelle, par exemple pour une visite client, un déplacement sur un autre site ou une formation externe. Ils constituent des frais professionnels et doivent, à ce titre, être justifiés puis remboursés.
Pour les RH, l’enjeu ne consiste pas seulement à rembourser des kilomètres, mais à sécuriser l’ensemble du dispositif. Cela implique de respecter les règles sociales et fiscales, d’éviter les risques de requalification, de limiter les litiges avec les salariés et de maîtriser le budget consacré aux frais professionnels.
Mettre en place une politique claire sur les frais kilométriques permet de fluidifier le travail des équipes RH et paie, de fiabiliser le contrôle des notes de frais et de rendre les règles de remboursement plus lisibles pour les collaborateurs.
L’entreprise peut procéder au remboursement des frais de transport kilométriques du salarié de deux manières.
Dans le cadre d’un remboursement au réel, le salarié doit transmettre une note de frais accompagnée des éléments permettant de justifier la dépense engagée pour les besoins de son activité professionnelle.
Pour être recevable, la note de frais doit faire apparaître les informations essentielles :
Selon les cas, les éléments permettant d’identifier le véhicule utilisé peuvent aussi être demandés.
Ce mode de remboursement est particulièrement adapté lorsque l’entreprise souhaite un suivi précis des dépenses engagées. En contrepartie, il suppose un contrôle plus rigoureux des pièces transmises et une gestion administrative plus lourde pour les équipes RH, les managers et la paie.
Pour les remboursements au forfait, l’entreprise verse une indemnité kilométrique calculée selon un barème applicable, sans exiger systématiquement de justificatifs. En revanche, l’employeur doit toujours être en mesure de justifier le déplacement professionnel et la cohérence des kilomètres déclarés.
Ce fonctionnement permet de simplifier la gestion des notes de frais et d’accélérer le remboursement des collaborateurs.
Pour calculer le montant des indemnités kilométriques, l’employeur peut s’appuyer sur les barèmes kilométriques publiés chaque année par l’administration publique. Ils servent de base de référence pour déterminer le plafond des remboursements et pour cadrer les politiques internes de remboursement des frais professionnels.
Le barème kilométrique applicable aux voitures tient compte de deux critères : la puissance fiscale du véhicule et le nombre de kilomètres parcourus dans l’année à titre professionnel. Pour l’année 2026, le barème est le suivant [1] :
| Puissance | 0 à 5 000 km | 5 000 à 20 000 km | Au-dessus de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV | 0,529 € /km | 0,316 €/km + 1065 | 0,370 € /km |
| 4 CV | 0,606 €/km | 0,340 € /km + 1 330 € | 0,407 €/km |
| 5 CV | 0,636 €/km | 0,357 € /km + 1 395 € | 0,427 € /km |
| 6 CV | 0,665 € /km | 0,374 €/km + 1 457 € | 0,447 € /km |
| 7 CV et + | 0,697 € /km | 0,394 € /km + 1 515 € | 0,470 € /km |
Les déplacements professionnels peuvent aussi être effectués en moto, scooter ou cyclomoteur. Dans ce cas, un barème spécifique s’applique, calculé en fonction de la cylindrée (ou puissance) du véhicule et du nombre de kilomètres parcourus dans l’année.
Le tableau ci‑dessous présente les montants de 2026 [1].
| Puissance / Cylindrée | Moins de 3 000 km | 3 001 km à 6 000 km | Plus de 6 000 km |
|---|---|---|---|
| Moins de 50 cc | 0,315 €/km | 0,079 €/km + 711 € | 0,198 € /km |
| 1 ou 2 CV | 0,395 €/km | 0,099 €/km + 891 € | 0,248 €/km |
| 3, 4 ou 5 CV | 0,468 €/km | 0,082 €/km + 1 158 € | 0,275 €/km |
| Plus de 5 CV | 0,606 €/km | 0,079 € /km + 1 583 € | 0,343 €/km |
Bon à savoir : Évolution annuelle du barème kilométrique et ce que doivent suivre les RH
Le barème kilométrique évolue régulièrement pour refléter les variations des coûts liés à l’utilisation d’un véhicule (carburant, entretien, usure, assurance, etc.). Ces taux sont établis sur la base de données économiques et tiennent compte des fluctuations des prix du carburant et des coûts d’entretien. Le but est de permettre un remboursement équitable des frais professionnels tout en évitant une surcompensation.
Il sert également de référence pour les déductions fiscales des frais réels dans la déclaration de revenus.
Les véhicules électriques bénéficient d’une majoration de 20 % du barème kilométrique applicable à leur catégorie (voiture ou deux‑roues) [1]. Cette majoration vise à tenir compte des spécificités d’usage et de coût des véhicules électriques (énergie, recharge, équipements dédiés).
Côté RH, il est important de préciser clairement cette règle dans la politique de remboursement et de vérifier que les paramétrages de l’outil de notes de frais et de la paie appliquent bien cette majoration lorsqu’un véhicule électrique est déclaré.
| Puissance fiscale | 0 à 5 000 km | 5 001 à 20 000 km | Au‑dessus de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | 0,635 €/km | 0,379 €/km + 1 278 € | 0,444 €/km |
| 4 CV | 0,727 €/km | 0,408 €/km + 1 596€ | 0,488 €/km |
| 5 CV | 0,763 €/km | 0,428 €/km + 1674 € | 0,512 €/km |
| 6 CV | 0,798 €/km | 0,449 €/km + 1748€ | 0,536 €/km |
| 7 CV et plus | 0,836 €/km | 0,473 €/km + 1818€ | 0,564 €/km |
| Puissance / Cylindrée | Moins de 3 000 km | 3 001 km à 6 000 km | Plus de 6 000 km |
|---|---|---|---|
| Moins de 50 cc | 0,378 €/km | 0,095 €/km + 711 € | 0,238 €/km |
| 1 ou 2 CV | 0,474 €/km | 0,119 €/km + 1 069 € | 0,298 €/km |
| 3, 4 ou 5 CV | 0,562 €/km | 0,098 €/km + 1390 € | 0,330 €/km |
| Plus de 5 CV | 0,727 €/km | 0,095 €/km + 1 900 € | 0,412 €/km |
Bon à savoir : Quid de la mobilité douce ?
Le vélo et les mobilités douces ne sont pas couverts par le barème kilométrique classique. Ils sont généralement indemnisés via des dispositifs dédiés : forfait mobilités durables, prise en charge des abonnements de transport.
Pour rembourser correctement les frais kilométriques, il est nécessaire de cadrer la façon dont les collaborateurs déclarent leurs déplacements et comment ils sont validés.
La demande de remboursement des frais kilométriques s'effectue par le biais de notes de frais mentionnant :
Selon l'article L3245-1 du Code du travail [3], le salarié dispose de 3 ans pour se faire rembourser ses frais professionnels.
Dans la pratique, la gestion des frais professionnels est fixée par chaque entreprise et prévue dans la convention collective. Cette information est généralement transmise aux salariés par note de service. En moyenne, le remboursement intervient sous un mois.
Les exemples ci‑dessous illustrent comment appliquer le barème kilométrique en fonction du type de véhicule, de sa puissance fiscale et du nombre de kilomètres parcourus.
Un salarié utilise une voiture thermique de 4 CV pour 3 000 km de déplacements professionnels sur l’année.
Indemnité kilométrique = 3 000 km × 0,606 €/km = 1 818 €.
À titre de comparaison, pour le même trajet avec une voiture 100 % électrique, l’indemnité serait de : 3 000 km × 0,727 €/km = 2 181 €, soit environ 363 € de plus.
Un salarié effectue 2 500 km de déplacements professionnels avec une moto électrique de 1 à 2 CV.
Indemnité kilométrique = 2 500 km × 0,474 €/km = 1 185 €.
Pour le même trajet avec une moto thermique de 1 à 2 CV, l’indemnité serait de : 2 500 km × 0,395 €/km = 987,50 €.
Lorsque le remboursement des frais kilométriques est effectué conformément aux barèmes officiels, il est considéré comme une indemnité de frais professionnels et, par conséquent, est exonéré de cotisations sociales. Cela permet au salarié de ne pas voir son revenu imposable augmenter du fait de ces remboursements. Comme tous les frais professionnels, ils sont également déductibles de la déclaration de revenus annuelle après soustraction de la part remboursée par l'employeur.
Au moment de déclarer les frais kilométriques aux impôts, deux solutions se présentent :
Le remboursement des frais kilométriques est un sujet à la fois technique et sensible pour les RH, car il touche à la fois au pouvoir d’achat des collaborateurs, à la conformité sociale et fiscale et à la maîtrise des coûts. En s’appuyant sur les barèmes officiels, en cadrant clairement les modalités (réel/forfait) et en formalisant une politique interne lisible, l’entreprise peut sécuriser ses pratiques tout en offrant un cadre perçu comme juste par les salariés.
Les trois points clefs à retenir
L’employeur doit rembourser les frais professionnels engagés pour les besoins de l’activité, ce qui inclut les déplacements professionnels avec le véhicule personnel. En revanche, les trajets domicile‑travail obéissent à des règles spécifiques et ne sont pas toujours remboursés sous forme d’indemnités kilométriques.
À minima la date du déplacement, le motif, le trajet effectué, le nombre de kilomètres parcourus et le type de véhicule utilisé (avec, si besoin, la puissance fiscale). Ces éléments permettent de vérifier que le déplacement est bien professionnel et que le barème appliqué est le bon.
Dans le cadre d’un remboursement au forfait, l’entreprise peut ne pas exiger systématiquement de justificatifs de dépenses (tickets de carburant, factures d’entretien). Elle doit toutefois être capable de démontrer la réalité des déplacements et la cohérence des kilomètres déclarés, en cas de contrôle ou de contestation.
Tant que les montants remboursés respectent les barèmes officiels et correspondent à des frais professionnels justifiés, ils sont exclus de l’assiette des cotisations sociales et ne s’ajoutent pas au salaire brut. En cas de dépassement ou de manque de justificatifs, la partie excédentaire peut être réintégrée en rémunération et soumise à cotisations.

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