Télétravail : paradoxe entre déconnexion et flexibilité ?
  • Actu RH
  • 27/09/2017

Télétravail : entre flexibilité et déconnexion, un équilibre délicat

Avec les récentes réformes du Code du travail, les entreprises vont devoir trouver un équilibre entre télétravail et qualité de vie de leurs salariés.

Les dernières réformes du Code du travail affichent la volonté d'une plus grande souplesse dans les modes de travail tout en respectant l'équilibre entre vies professionnelle et privée. « Ce sont des injonctions paradoxales. Il y a, d'un côté, une demande forte de flexibilité et de souplesse dans l'organisation du travail et, en parallèle, le droit à la déconnexion qui impose un cadre horaire strict », estime Pascal Grémiaux, président-fondateur d'Eurécia, éditeur de logiciel de gestion administrative du personnel et de gestion des talents. La loi El Khomri du 21 juillet 2016 impose, après avis des instances représentatives du personnel, la rédaction d'une charte informatique. Cette dernière dicte les bonnes conduites à adopter et n'a de valeur contraignante que si, et seulement si, elle est intégrée dans le règlement intérieur de l'entreprise. « Si le télétravail se développe assidûment, nous risquons de perdre l'équilibre vie professionnelle-vie privée voulue par le droit à la déconnexion », prévient François Alambret, avocat counsel du cabinet Bryan Cave. En effet, les télétravailleurs sont davantage enclins à dépasser les horaires de travail imposés et à continuer à recevoir des appels ou mails tard le soir et le week-end, chacun étant libre de son organisation. Avec les ordonnances, le ministère du Travail cherche à éviter ces abus. L'accord collectif ou la charte relative au télétravail devra préciser la détermination des plages horaires durant lesquelles l'employeur peut habituellement contacter le salarié en télétravail ainsi que les modalités de contrôle du temps professionnel. « On s'engage dans un contrat de confiance. Le management se doit d'être bienveillant avec des objectifs clairs pour aider à une meilleure gestion des priorités », estime Pascal Grémiaux. La pratique dépendra de la culture d'entreprise.

Article original publié sur LesEchos.fr