Happy Washing : fausse bonne idée
  • Actu RH
  • 23/05/2018

Happy washing : fausse bonne idée !

On ne cesse d'en parler, le bien-être au travail est bel et bien l'un des moteurs de la motivation et de la fidélisation des collaborateurs. Si l'on ne peut que saluer cette prise de conscience, on constate également que certaines entreprises peu scrupuleuses tentent de surfer sur cette tendance en communiquant beaucoup, mais en agissant peu.

Le bonheur au travail : une affaire de communicants ?

La thématique du bien-être des salariés a le vent en poupe. Pour s’en convaincre, il suffit de voir le nombre d’articles sur le sujet se multiplier, ou encore l’apparition de nouveaux métiers tels que Chief Happiness Officer. Une préoccupation en lien direct avec les attentes des collaborateurs : 61% des salariés considèrent que le bonheur au travail est plus important que le salaire (sondage réalisé par Wildgoose en 2017)

Créer du lien, adapter l'environnement de travail, mettre en place le télétravail, proposer des activités sportives ou aménager des moments conviviaux comme des apéro’ après le travail (avec modération bien-sûr !)... Les possibilités sont multiples pour renforcer le bien-être des salariés et leur attachement à l’entreprise. Malheureusement, certaines entreprises passent plus de temps à communiquer sur le sujet afin de valoriser leur image de marque, plutôt qu’à se préoccuper réellement du bien-être des collaborateurs. C’est ce qu’on appelle le happy washing.

Mais le happy washing... qu'est-ce que c'est au juste ?

Le principe est le même que le « green washing » : une entreprise revendique des valeurs ou un état d'esprit et les utilise comme des outils marketing pour embellir son image de marque, mais sans changer quoi que ce soit à son organisation ou son mode de management. L’objectif ? Rendre l’entreprise désirable aux yeux de futurs collaborateurs, voire de potentiels clients, séduits par l’image de bienveillance véhiculée par sa communication.

On parle de happy washing lorsqu’il y a inadéquation entre ce que l’entreprise communique et la réalité vécue par les salariés. Si vous entreprenez une démarche d’amélioration de la qualité de vie au travail, prenez garde à ce que vos actions participent bien à l’amélioration réelle du bien-être des collaborateurs, et pas seulement à donner un coup de jeune de l’image de l’entreprise. Eh oui, installer un baby-foot au boulot ne suffira pas à rendre vos collaborateurs heureux ! Une démarche d'amélioration de la qualité de vie au travail passe par une remise en question de l’organisation, du management et surtout une démarche d'écoute des collaborateurs !

Quels sont les risques du happy washing ?

Le happy washing peut vite se retourner contre l’entreprise qui prend le risque de perdre toute crédibilité auprès des salariés. Imaginez… Une entreprise qui revendiquerait se préoccuper du bien-être de ses collaborateurs, mais qui dans les faits interdirait toute souplesse dans l’organisation du temps de travail, ne respecterait pas la réglementation concernant les heures supplémentaires ou serait connue pour avoir une direction indulgente face aux discriminations…

Du côté des collaborateurs, ce décalage peut être vécu comme une tromperie engendrant une baisse de motivation et de performance voire des démissions. Sans oublier que la réputation de l'entreprise peut vite être mise à mal par un ancien salarié mécontent. Chacun dispose désormais d’une tribune libre pour noter sa société, en faire la promotion ou la critiquer, à travers des outils comme Glassdoor ou Viadéo, dont les résultats sont publics.

Dans un contexte où consommateurs et salariés sont de plus en plus attentifs à l'intégrité des entreprises, l’utilisation du happy washing peut vite tourner au bad buzz !

Comment connaître l’ambiance d’une entreprise ?

Face aux classements qui se multiplient et aux avis publiés en ligne… Comment se faire une juste opinion d'une entreprise ? Comment savoir s’il s’agit bien d’une société qui promeut un management bienveillant et le bien-être des salariés ou d’un service de com’ « serial happy washer » ?

Notre conseil : le mieux reste encore de « tester l’entreprise », de se rendre sur place afin de juger par soi-même, ne pas hésiter à poser des questions concrètes lors d’un entretien d’embauche pour évaluer l’ambiance ou les dispositifs mis en place pour améliorer le quotidien des salariés (télétravail, horaires aménagés, nombre de jours de congés payés, etc.).

Et si en plus l'entreprise a un babyfoot... Libre à vous de juger s'il s'agit d'un facteur déterminant ou non !