femme_burn_out_h.png
  • Actu RH
  • 22/02/2021

Le burn out chez les RH, un mal encore trop peu connu

Récemment, le « Baromètre 2020 : les DRH au quotidien » réalisé auprès des professionnels RH par les éditions Tissot a révélé, sans grande surprise, qu’ils et elles se sentent fatigués. Même, 90 % des RH se sentent au bord de l’épuisement.

La crise sanitaire a permis de faire reparler d’un sujet déjà bien réel auparavant : le burn out dans la fonction RH. Oui, les professionnels du métier sont les personnes ressources quand les salariés rencontrent ce drame, mais elles sont aussi concernées… Et pas qu’un peu.

 

C’est quoi le burn out ?

On en entend beaucoup parler, mais posons d’abord les mots, c’est quoi un burn out ? Google me dit « épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d'un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ».

Le burn out, c’est global. C’est la santé psychologique, physique et intellectuelle en péril. Ce n’est pas à prendre à la légère… Et ce n’est pas, comme le croient souvent les personnes qui le vivent, une preuve de faiblesse, ou qu’on n’est pas suffisant. Au contraire ! Ce sont les personnes les plus impliquées dans leur métier qui en sont les premières victimes. Elles croient à la plus-value qu’elles apportent à leur entreprise, ce sont d’excellents salariés, enthousiastes et talentueux, mais qui n’ont pas vu, ou pas voulu voir, qu’ils et elles en faisaient trop. Et qu’ils et elles mettaient leur santé en jeu, voire leur vie. Car oui, n’ayons pas peur des mots, une personne qui persiste à travailler en situation de burn out risque sa vie. En effet, les conséquences sont nombreuses : atteintes cardiovasculaires, dépression, troubles anxieux, etc.

Alors ces symptômes doivent alerter, qu’ils vous concernent vous ou une personne de votre entourage : fatigue récurrente, stress, déprime, démotivation, sentiment d’incompétence, culpabilité, agressivité, cynisme, repli sur soi, dépression, maladies psychosomatiques, migraines, addictions...

Mais pourquoi est-ce que ce phénomène toucherait particulièrement les RH ?

 

Les RH, premières victimes ?

Les Ressources Humaines, c’est bien souvent un métier passion. Cela ne paraît pas aux yeux du grand public, qui associe RH avec administratif et plan de licenciement, mais le quotidien d’un professionnel RH, c’est suivre ses collaborateurs tout au long de leur carrière dans l’entreprise, c’est créer avec l’humain, et l’humain est passionnant. Et quand on sait en plus que RH est un métier extrêmement prenant, avec de plus en plus d’enjeux, de plus en plus de projets différents à mener de front, de plus en plus de responsabilités, il est compréhensible de voir de plus en plus de professionnels tomber dans le burn out. La crise que l’on connaît depuis Mars 2020 l’a mis en lumière : les RH sont la première ligne des entreprises. On parle parfois « d’infirmières des entreprises » pour parler de ces assistantes RH qui gèrent tout sans jamais se plaindre.

Car oui, les femmes sont encore plus concernées que les autres par le burn out, car elles ont souvent une charge mentale colossale : celle de leur travail, qui remplit déjà bien les journées, et celle de la maison, des enfants, du quotidien. Tout cumulé, cela fait trop !

Mais ces femmes n’osent souvent rien dire et sont même dans le déni, car elles aiment leur métier, soutenir leurs collaborateurs, montrer l’exemple. Souvent au détriment de leur santé. J’ai vu trop de RH s’arrêter seulement quelques semaines, voire continuer à temps partiel, alors qu’elles vivaient un burn out…

Comme je l’ai énoncé plus haut, les personnes les plus impliquées dans leur travail sont les plus concernées par ce fléau. Les RH sont donc une cible de choix : investies, toujours prêtes à rendre service, patientes et altruistes... Jusqu'à s’oublier, elles et leur santé.

Le burn out montre une réalité de façon brutale : un écart entre l’idéal qui habite un être et la reconnaissance et les contraintes de la réalité. Et les contraintes de la réalité, elles ne sont pas faciles en ce moment : inquiétude sur l’environnement économique, pression des directions, insécurité de l’emploi, réductions d’effectifs, contraintes budgétaires…

Les torts sont partagés dans le cas d’un burn out, ce n’est pas juste une personne qui s’est oubliée. C’est aussi un environnement qui a laissé faire. Et dans un métier qui demande un investissement humain important, il convient de faire particulièrement attention à préserver les professionnels qui l’exercent...

 

Que faire alors ?

Combattre le burn out, ce n’est pas seulement faire preuve d’humanité. Sur un point strictement économique, cela coûte cher à bien des acteurs :

  • à l’entreprise, qui voit une réduction de l’efficacité de son collaborateur, davantage d’arrêts de travail, un turnover accru, des conflits…
  • à la société, qui fera forcément plus de dépenses en matière de santé et de chômage
  • et aux personnes elles-mêmes, qui souffrent de dégâts physiques et moraux, de perte d’emploi, de dégâts sur le plan personnel, familial...

Il convient alors pour les entreprises de réaliser un vrai travail de prévention afin de dépister les signes, de prendre en charge rapidement les personnes touchées, de leur permettre de retrouver du sens dans leur job, et de repartir sereinement, professionnellement parlant. Et en prenant en compte également les professionnels RH ! Ce n’est pas parce que leur job inclut de surveiller ses indicateurs qu’ils et elles doivent en être écartés.

Et les RH, n’hésitez pas à :

  • vous aider des solutions digitales : aujourd’hui, les logiciels SIRH (à l’image d’Eurécia) aident les professionnels à dégager du temps et de la paix d’esprit, alors bataillez si nécessaire pour obtenir l’aide digitale dont vous avez besoin !
  • connaître ses valeurs et poser ses limites pour savoir quand elles ne sont pas respectées : le burn out commence aussi quand on ne sait plus pourquoi on exerce son métier...en cela il est relié au brown out, la crise de sens professionnel
  • ne pas s’isoler, garder du lien, et demander de l’aide dès que possible : reconnaître être dépassée, ce n’est pas une faiblesse. Être vulnérable ce n’est pas être faible, c’est être humain.

 

Pour conclure...

Le burn out est une période extrêmement difficile à traverser, mais l’humain s’en sort et cela peut être aussi un formidable nouvel élan professionnel. C’est quand on touche le fond, qu’on peut taper du pied pour remonter à la surface. Alors si vous sentez que vous perdez pied, parlez-en sans culpabiliser, sans chercher à vous blinder, car bien d’autres avant vous ont cru pouvoir s’en sortir seul, mais c’est inutile. Il faut comprendre pourquoi ça arrive, comment ça arrive, pour pouvoir aller mieux et intégrer les leçons incontournables de cette mauvaise passe, et ainsi aussi, progresser en tant qu’humain.


Les premiers signe d'un burn out vous guettent ? Vous vous sentez débordé, fatigué et votre motivation n'est plus vraiment là ? N'hésitez pas à solliciter un entretien de remotivation avec votre manager pour trouver ensemble des solutions.

Accéder au modèle

A propos de l'auteur

Marie Delattre

Communauté RH

Je partage mes pensées sur le monde du travail et des entreprises, et sur les outils de développement personnel qu’il est possible d’appliquer au métier de RH !

Tous les articles