Retour

chronique

Les jeunes générations seraient plus fragiles psychologiquement... vraiment ?

Générations

  2 mins

 

Jeune active de la génération Z en situation d'entreprendre

71% des jeunes issus de la génération Z envisagent de créer leur entreprise, contre seulement 34% de la population active. Une statistique qui devrait nous faire réfléchir : comment une génération soi-disant "fragile" peut-elle nourrir de telles ambitions entrepreneuriales ? Peut-être sommes-nous en train de confondre fragilité et intelligence émotionnelle.

Des "fragiles" qui révolutionnent le business

Pendant que les recruteurs s'arrachent les cheveux sur leurs "exigences impossibles", ces jeunes cassent tous les codes entrepreneuriaux. 82% créent leur boîte pendant ou juste après leurs études, et tenez-vous bien : 81% de leurs entreprises deviennent rentables. Un taux de réussite qui ferait rougir bien des business angels.

Fragiles, vraiment ? Ou est-ce nous qui confondons leur refus des codes toxiques du salariat avec de la mollesse ? Car derrière leurs demandes d'équilibre de vie se cache une lucidité redoutable : ils ont compris que l'épuisement professionnel est un dysfonctionnement organisationnel.

Le jour où les "fragiles" nous ont obligés à grandir

Cette génération ne nous demande pas d'être plus indulgents. Elle nous force à repenser nos modèles de travail et de management. Plusieurs entreprises l’ont bien compris. Par exemple, KPMG a instauré la "semaine de quatre jours parentale" pour ses jeunes talents. Axa a modifié ses parcours de formation pour répondre à leurs attentes d'impact. Thales multiplie les dispositifs de flexibilité.

Entendons-nous bien, ces entreprises ne cèdent pas à des caprices. Elles savent que les supposés "fragiles" détiennent les clés de la performance. Et pour cause. Le mal-être au travail coûte à l'économie mondiale environ 8 800 milliards de dollars par an en perte de productivité. Rien que ça…

Si l’on creuse le sujet en profondeur, on s’aperçoit qu’en réalité ces jeunes ont une intelligence émotionnelle que nous n'avons pas appris à développer. Peut-être parce qu'à leur âge, on ne parlait pas autant d’inflation, de baisse du pouvoir d'achat, de crise du logement et de santé mentale ? Quelles que soient les raisons, les jeunes verbalisent leurs besoins là où nous les refoulions. Ils posent des limites là où nous subissions en silence. Ils demandent du sens là où nous nous contentions d'un salaire.

D'ici 2030, la génération Z représentera 30% de la population active. Alors, soit nous continuons à la traiter de fragile en regardant nos meilleurs talents partir chez la concurrence, soit nous acceptons que ces jeunes sont en train de réinventer les codes du travail. À nous de choisir si nous voulons subir cette révolution ou en être les acteurs.

Finalement, la vraie question n'est pas de savoir s'ils sont fragiles. C'est de savoir si nous sommes assez solides pour évoluer avec eux.

Mythes de bureau

La chronique bouscule les préjugés, les idées reçues et les croyances parfois fausses qui façonnent nos comportements professionnels. Parce que la réalité du travail se joue dans les nuances et rarement dans les certitudes, « Mythes de bureau » interroge ce qui semble évident et invite à dépasser les stéréotypes qui limitent notre vision du travail.

Restez informés de toute l’actu
& inspirez-vous au quotidien