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  • Management et bien-être
  • 15/10/2021

Les "carrières longues" : des guides pour les jeunes générations en quête de sens

Comment voyez-vous le monde de l’entreprise ? Quel est votre indicateur de réussite professionnelle ? 

Voilà maintenant plusieurs semaines que la rédaction d’Eurécia part à la rencontre des acteurs de l'entreprise, issus de différentes générations.

Après avoir interrogé des étudiants de la génération Z, et des jeunes actifs issus de la génération Y, c’est tout naturellement que nous sommes partis à la rencontre de carrières longues, ces cadres en poste depuis de nombreuses années au sein d’une même entreprise, ayant vu la société et le monde du travail évoluer avec l’arrivée des nouvelles technologies et les évolutions sociales et sociétales qui sont venues bouleverser les entreprises. 

Petit coup d’œil dans le rétroviseur à travers ces rencontres qui inspirent par leur optimisme et leur bienveillance envers la jeunesse.

 

Trouvez-vous que le monde du travail a changé depuis votre début de carrière ? 

Indéniablement, le monde du travail a changé, par la force des choses, et par les évolutions qui sont apparues ces 30 dernières années : les moyens de communication ont été une énorme révolution, d’abord avec les fax et ensuite avec internet et les e-mails. L’immédiateté de l’information a transformé les rapports entre les collègues et entre les entreprises également. 

Ces dernières années, on a beaucoup associé ces évolutions technologiques à la pression sociale ressentie en entreprise, en raison de l’hyper-connectivité. Pourtant, les dossiers urgents, le stress, les réunions qui finissent à pas d’heure... ça existait déjà. La technologie a juste contribué à l’évolution des organisations, à les améliorer. L’évolution, c’est l’essence même de l’Homme et des Sociétés. Chaque époque enchaîne une autre, chaque époque améliore la précédente. La technologie a, au contraire, amené beaucoup de confort dans les tâches et les process

En réalité, les plus gros changements qui ont été fait sont les évolutions sociales : les collaborateurs sont plus protégésplus considérésplus encadrés. Le passage aux 35h, les évolutions du SMIC, la nomination des femmes à des postes à responsabilité, le congés paternité allongé... L’apparition même de la notion de bien-être au travail et la prévention des risques sociaux-professionnels est une évolution sociale : les entreprises cherchent à prendre soin de leurs salariés, ce qui n’a pas toujours été le cas. 

Et pourtant, alors que l’on accompagne mieux les collaborateurs, il n’y a jamais eu autant de burn-out et de réorientations professionnelles que ces 15 dernières années. 

Les préoccupations (ou exigences ?) d'hier sont les mêmes aujourd’hui : être libre et indépendant, être heureux, et surtout, surtout, trouver du sens à ce que l’on fait

Donc est-ce que le monde du travail a changé ? Oui, et non. 

 

Quels étaient les standards de réussite professionnelle pendant votre carrière ? 

Il faut remettre dans le contexte que certains d’entre nous étaient issus de familles modestes, et que les standards d’aujourd’hui n’étaient pas les mêmes hier. Beaucoup avaient des parents paysans ou ouvriers, et cherchaient à acquérir un certain confort (une maison, une voiture...), à devenir indépendant.  

Cette indépendance, elle passait forcément par la sécurité financière. L’évolution de carrière, c’était la suite logique. Beaucoup d’entreprises étaient en plein développement, notamment avec les changements technologiques évoqués juste avant. Il fallait donc de nouveaux cadres pour gérer les équipes et les transformations. 

Le management était aussi beaucoup moins transverse qu’aujourd’hui : la plupart d’entre nous avaient fait le service militaire, et ce rapport à la hiérarchie et à l’autorité qu’on retrouve dans l’armée, on le retrouvait aussi dans l’entreprise. L’organisation pyramidale très marquée, la prestance et le charisme des patrons... ça poussait au respect et à l’admiration. Donc monter les échelons, c’était réussir

L’épanouissement professionnel n’était effectivement pas la mission première. Il fallait travailler dur pour réussir.  

En revanche, pour ceux qui prenaient du plaisir à travailler et qui ont donné du sens à ce qu’ils faisaient, ça a été l’assurance d’une très belle carrière professionnelle et d’un bel épanouissement sur le plan personnel également. 

 

Pensez-vous que ces standards ont changé ? 

Oui. Les jeunes cherchent aujourd’hui à combiner à la fois l’épanouissement sur le plan professionnel, l’équilibre vie pro / vie perso et le confort budgétaire. Ça peut paraître audacieux, et donner l’impression de vouloir le beurre et l’argent du beurre, mais ces jeunes ont grandi avec des modes de consommation différents des nôtres. La société de consommation, la technologie, le “jetable”... Ils arrivent en entreprise en ayant connu un certain confort durant toute leur enfance qui correspond à leur époque. 

C’est pareil pour les avantages sociaux : les 35h, les 5 semaines de congés, les tickets restaurants... C’est devenu un socle de base. Alors que leurs aînés se sont battus pour ces droits, les 39h puis 35h, c’était la révolution sur le plan social. Tout est également plus confortable : les maisons, les voitures... Personne n'a envie de perdre ce confort.  
Ce besoin de confort est aussi apparu dans les entreprises : des bureaux modernes, un parc technologique récent, des avantages QVT... Et un salaire qui leur permet de mettre en adéquation leurs besoins et leurs envies, c’est ça qui attire les jeunes

 

Quels sont les évolutions du monde professionnel qui ont fait le plus de bien aux salariés ? Y a-t-il aussi des aspects négatifs à ces changements ? 

Ce sont les évolutions sociales et sociétales qui ont amélioré le monde du travail. La technologie, le numérique... ce sont surtout des outils. Alors que la considération, le respect des collaborateurs, la confiance, le confort social... Ces améliorations remettent l'humain au cœur de l’entreprise.  

Le contre-coup, c'est qu'une certaine banalisation de ces valeurs (rarement incarnées) a rendu les jeunes plus exigeants vis-à-vis de leurs entreprises, ce qui créé une incompréhension et un décalage par rapport à leurs aînés qui se sont battus pour ces droits, qu’ils ont parfois eu à un stade avancé de leur carrière. 

 

Il y a tout à parier que les entreprises et leurs aînés ont un rôle à jouer pour guider les plus jeunes vers la réussite, en leur donnant du sens, en les valorisant, et en les accompagnant avec bienveillance vers leur épanouissement professionnel. Une mission à double sens, puisque la transmission de savoirs est également un vecteur d’épanouissement, toute génération confondue. 

 

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A propos de l'auteur

Alice

Vie au travail

QVT, communication interne, marque employeur : je vous partage mes idées et conseils sur la vie quotidienne des collaborateurs au sein de l'entreprise.

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