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Salaires des cadres : une hausse qui n’a pas profité à tout le monde en 2025

Rémunération

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Évolution des salaires des cadres en 2025 avec des écarts selon l’âge et le genre

En 2025, les salaires des cadres ont continué de progresser, mais les règles du jeu ont évolué. Si la rémunération médiane a augmenté, les augmentations individuelles, elles, ont été plus rares. Le Baromètre 2025 de la rémunération des cadres publié par l’Apec met justement en évidence un réajustement des politiques salariales, marqué par des arbitrages plus sélectifs selon les profils et les trajectoires professionnelles.

Une rémunération médiane en hausse

Premier constat de ce baromètre, à juin 2025, la rémunération annuelle brute médiane des cadres (incluant part fixe et part variable) s’établit à 55  K€, soit une progression de 1,8 % par rapport à juin 2024. Cette évolution s’inscrit dans une tendance de long terme : la rémunération médiane des cadres augmente de manière régulière depuis plusieurs années, malgré un contexte économique plus incertain. Dans le détail, 80 % des cadres perçoivent une rémunération comprise entre 38 K€ et 95 K€. La part fixe progresse elle aussi et atteint 52 K€ en médiane. Cette progression ne permet pas néanmoins de compenser totalement les pertes de pouvoir d’achat subies pendant les périodes de forte inflation de 2022 et 2023.  

Moins d’augmentations individuelles  

En 2025, 53% des cadres déclarent avoir bénéficié d’une augmentation de leur rémunération globale au cours des douze derniers mois. Ce taux recule de 7 points par rapport au pic de 2024. Tous les groupes d’âge sont touchés par ce ralentissement.

Les jeunes cadres (moins de 30 ans) restent les plus souvent augmentés, avec 66% ayant obtenu une hausse salariale. Pourtant, leur rémunération médiane – c’est-à-dire le salaire qui sépare les moitié les mieux payés des moitié les moins payés au sein de ce groupe – demeure stable à 43 K€, identique à 2024. Cela s’explique simplement : les hausses individuelles des « anciens » sont contrebalancées par l’arrivée de nouveaux entrants à des salaires d’embauche souvent plus bas. Résultat, le point médian du groupe ne bouge pas.

L’Apec y voit en réalité un rééquilibrage : après des hausses agressives en 2024 pour contrer l’inflation et attirer les talents, les entreprises reviennent à des pratiques salariales plus prudentes.

Des écarts persistants selon l’âge ou le genre

Le baromètre met également en évidence des différences marquées selon l’âge, le genre ou les trajectoires professionnelles. Les cadres de 50 ans et plus affichent ainsi une rémunération médiane de 62 K€ en 2025, en hausse de 3,3 % sur un an, après plusieurs années de stabilité. Cette progression est plus rapide que celle observée pour l’ensemble des cadres. Les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes, eux, se creusent de nouveau. En 2025, la rémunération médiane des hommes cadres est supérieure de 16 % à celle des femmes, contre 12 % en 2024. À poste et profil équivalents, l’écart reste stable, à 6,8 %, mais les femmes ont été moins souvent augmentées que les hommes (51 % contre 53 %) et bénéficient moins fréquemment d’une rémunération variable.    

Être mobile : le facteur clé

Dans ce contexte de ralentissement des augmentations, la mobilité professionnelle demeure un facteur déterminant. Les cadres ayant changé de poste ou d’entreprise sont plus souvent augmentés que ceux restés en situation stable. En 2025, 64 % des cadres ayant changé d’entreprise sans passer par une période de chômage ont bénéficié d’une augmentation. Ce taux atteint 70 % pour ceux ayant connu une mobilité interne, contre 49 % parmi les cadres n’ayant pas évolué en interne. La mobilité apparaît ainsi comme l’un des principaux leviers d’évolution salariale dans un contexte plus contraint.    

Quid de la part variable ?

Un cadre sur deux bénéficie d’une part variable dans sa rémunération en 2025. Cette proportion, relativement stable dans le temps, recule toutefois de 4 points par rapport à 2024, retrouvant un niveau comparable à celui observé en 2017. Lorsqu’elle existe, la part variable représente en moyenne 11,2 % de la rémunération globale, soit environ 9 K€ par an. Elle est plus fréquente et plus élevée dans certaines fonctions, notamment commerciales, et varie fortement selon la taille de l’entreprise.    

À la loupe

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