Transformation numérique, IA, transition écologique, vieillissement de la population, diversité et inclusion, l’étude de l’Apec « Futurs du travail – 5 chocs majeurs » parue en octobre 2025 dresse un état des lieux des mutations qui redessinent le travail des cadres. Un constat majeur : les entreprises ont encore du chemin à parcourir.
Un monde du travail transformé en profondeur
84 % des cadres estiment que le monde du travail a connu des transformations importantes ces dix dernières années, et 77 % anticipent qu'il en sera de même dans la décennie à venir, avis partagé par 66% des entreprises. La transformation numérique arrive en tête des facteurs les plus impactants, citée par 90 % des cadres, devant l'évolution du rapport au travail (83 %) et le vieillissement de la population (81 %).
IA et télétravail, les deux révolutions en cours
En mars 2025, 35 % des cadres en poste utilisaient des outils d'IA générative au moins une fois par semaine. Et 74 % considèrent aujourd’hui que la maîtrise de l'IA sera une compétence essentielle demain. Sans surprise, 79 % souhaitent une formation sur cet item, soit 19 points de plus qu'en janvier 2024. Et toutes les générations sont concernées : 81 % des moins de 35 ans, mais aussi 75 % des seniors. Côté entreprises, 53 % des ETI et grandes entreprises encouragent l'IA, contre 22 % un an plus tôt.
Le télétravail, lui, est définitivement ancré, puisque 66% des cadres le pratiquent régulièrement. Parmi eux, 82 % seraient mécontents, et prêts à changer d'employeur, si leur accès au télétravail était supprimé. D’ailleurs, 49 % des grandes entreprises reconnaissent que l'absence de télétravail constitue un frein au recrutement de cadres.
Seniors, écologie et DEI, les trois chocs qui appellent des réponses collectives
Sur le plan démographique, 81 % des cadres anticipent un impact important du vieillissement de la population active. Pourtant, 72 % des entreprises n'ont engagé aucune action concrète sur ce sujet alors que 37 % des cadres seniors déclarent avoir déjà été pénalisés dans leur carrière en raison de leur âge. Deux leviers sont plébiscités, le maintien en emploi des seniors et le recours aux technologies.
Côté transition écologique, malgré un recul de 9 points, elle est jugée impactante par 55 % des cadres sur leur propre métier. Ils sont 64 % à souhaiter une formation dédiée, et jusqu'à 76 % chez les moins de 35 ans.
Enfin, concernant les politiques de diversité, équité et inclusion (DEI), elles font l'objet d'un fort consensus. 79 % des cadres les jugent légitimes, et 90 % souhaitent qu'elles soient renforcées, notamment autour de l'égalité femme-homme (62 %) et de l'inclusion des personnes en situation de handicap (61 %).
Préparer les transformations : le chantier reste inégal
La conscience des chocs est partagée, mais la préparation reste, elle, plutôt hétérogène. Exemple, seules 45 % des entreprises ont engagé des réflexions sur la transformation numérique incluant l'IA, avec un fossé entre TPE, PME et grandes entreprises, allant de 44% à 60%.
Pourtant, les cadres n'affrontent pas ces mutations avec fatalisme. 65 % se déclarent sereins face aux changements à venir, une tranquillité liée à l’expérience. Et 63 % jugent que leur métier a déjà changé.
La préparation doit donc être individuelle comme collective. 90 % estiment devoir agir individuellement, et 92 % estiment que ces transformations doivent s'anticiper collectivement, avec le soutien des syndicats pour 66% d’entre eux.
Le message de cette étude Apec est sans appel : les cadres eux sont prêts, ce sont les organisations qui doivent accélérer !
À la loupe
Chaque semaine, « À la loupe » fait le tri dans la masse d'études et de données disponibles pour vous livrer l'essentiel : des analyses pointues et actuelles sur les grandes tendances de l'emploi et du monde du travail. À partir de sources fiables et de chiffres robustes, l’article synthétise enquêtes, études et projections prospectives pour décrypter les évolutions des compétences, des secteurs, des métiers et des grandes transformations de la société.