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chronique - Générations

Personne ne joue au babyfoot dans votre entreprise ? Rien d’étonnant...

Collègues de différentes générations jouant au babyfoot dans l’espace détente de l’entreprise

Générations

Quand une millennial explore le rapport au travail des différentes générations.

Lorsqu’on m’a proposé de prendre en charge cette chronique, fin 2024, j’ai échangé avec Emmanuelle, la rédactrice en chef de ce média, pour parler de quelques sujets que j’aimerais développer. Parmi eux, je lui ai expliqué avoir envie d’aborder le sujet de la Qualité de Vie au Travail, en prenant l’exemple du fameux babyfoot. Mais si, vous savez : le babyfoot dans la salle de pause de toutes les startups.  À la fois anecdotique et symbolique...

Le niveau zéro de la QVT

Lors de cette discussion, Emmanuelle m’explique que chez Eurécia, le babyfoot est en permanence en surchauffe. Et ça ne m’étonne pas vraiment : la moyenne d’âge annoncée sur le site de l’entreprise est de 34 ans. Dites-moi si je me trompe, mais j’ai du mal à imaginer un directeur marketing de plus de cinquante ans s’échiner à marquer des buts contre son collaborateur… Bien sûr, j’ai pris cet exemple en sachant combien il est cliché. Le babyfoot est devenu un lieu commun des entreprises au niveau zéro de la QVT. Mais le babyfoot continue aujourd’hui à se décliner dans de nombreuses couleurs de bullshit-QVT : cours de yoga, de Pilates ou de méditation, poufs oversize dans la salle de pause, console de retrogaming reliée à un écran dans une salle de réunion, atelier de cuisine, de poterie, de céramique, et j’en passe. Quel que soit l’exemple que je prends, j’ai du mal à imaginer toutes les générations se rassembler autour d’une telle initiative, et se sentir plus heureux dans son job grâce à ça. D’ailleurs, toutes ces initiatives semblent, à mes yeux, avoir été prises par une RH de quarante-cinq ans, mère de trois enfants, qui prend exemple sur son petit dernier et sa lubie du moment. 

Après tout, on sait que les différentes générations ne placent pas l’accent au même endroit en matière de bien-être au travail. Comme je l’expliquais dans une précédente chronique sur la rémunération à travers les âges, toutes les générations placent le fait d’avoir un revenu régulier et élevé comme leur premier critère de choix d’une entreprise. Puis viennent deux autres critères communs : avoir un travail intéressant, et un bon équilibre vie professionnelle / vie personnelle. Voilà le trio de base de la QVT cross-générationnelle.

Comment satisfaire tout le monde ?

Mais, au-delà de ce podium, des différences majeures apparaissent. Les baby-boomers privilégient la sécurité de l’emploi quand la génération X se concentre sur le soutien de leur management. Les Millennials sont attentifs à l’ambiance au travail, et la GenZ au développement de leurs compétences. Compliqué de satisfaire tout le monde, en apparence ! Pour comprendre l’essence de la QVT, je me suis intéressée aux leaders en la matière : les entreprises nommées Great Place to Work. Ce prix est notoirement compliqué à obtenir, puisque l’entreprise doit obtenir un indice de confiance d’au moins 65/100 au questionnaire de satisfaction qui est envoyé aux collaborateurs. Ce questionnaire est basé sur cinq critères d’évaluation : la fierté, la convivialité, l’équité, le respect, la crédibilité.

Si l’on prend le babyfoot sous le prisme de ces critères, on se rend compte qu’il agit uniquement sur le levier “convivialité” (et encore : quand il est bien utilisé par les collaborateurs !). Inutile donc d’investir dans un babyfoot pour travailler votre QVT si vous n’avez pas mis en place une politique de rémunération équitable, un management bienveillant et reconnaissant, ou encore des formations qui poussent les collaborateurs à évoluer dans leur carrière. En fait, pour réussir sa stratégie QVT, il faut s’intéresser aux tendances des différentes générations, mais surtout faire du sur-mesure. C’est pour cela que le babyfoot, solution one-size-fits-all, est aussi irritant en 2025.

Alors, au-delà de toutes les viennoiseries gratuites que vous pourriez distribuer à vos collaborateurs, ou des consoles de jeux que vous brancheriez à vos grands écrans, interrogez vos collaborateurs sur ce qu’ils attendent de leur entreprise. Chez Eurécia, si le babyfoot est devenu un lieu de bien-être aussi fort, c’est qu’il représente bien l’esprit de l’entreprise, et notamment, sa culture du partage et du feedback.  

Osez demander : peut-être qu’après tout, vos stagiaires rêvent bien de battre leur boss au baby-foot… 
 

Blogueuse RH & travail

Elle a l’esprit vif et le clavier littéraire dans un gant de velours 2.0. Millenial et fière de l’être, elle scrute avec malice les effets de…

Générations

Millennial née au début des années 90, j'observe avec curiosité comment les générations cohabitent au travail. Je vais à la rencontre de mes aînés et de la Gen Z pour comprendre ce qui façonne notre rapport au travail : aspirations, valeurs, façons de collaborer, habitudes (bonnes et mauvaises). Pourquoi travaillons-nous si différemment ? Qu'est-ce qui nous sépare vraiment... et surtout, qu'est-ce qui pourrait nous rapprocher ? Un regard authentique, sans artifices ni lieux communs.

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