Le décret du 8 mars 2026 est venu fixer le nouveau cadre des aides à l'embauche d'apprentis pour 2026, confirmant la tendance au désengagement progressif de l'État amorcée l'an dernier. Montants revus à la baisse, différenciation selon la taille de l'entreprise et le niveau de diplôme visé, suppressions de certains dispositifs côté apprentis…
Avec la fin des aides exceptionnelles au 31 décembre 2025, le gouvernement avait annoncé en début d’année un nouveau décret à venir pour fixer le montant des aides à l’embauche pour 2026 en préparant les entreprises à des baisses significatives. Après plusieurs mois d’attente, c’est chose faite avec la publication le 8 mars 2026 du décret n°2026-168 et la tendance est bien confirmée.
Alors que les campagnes de recrutement des alternants vont débuter, nous vous proposons un panorama de l’ensemble des règles applicables pour pouvoir définir votre politique d’apprentissage en toute connaissance de cause !
Un contexte clair : cap sur les économies budgétaires
Depuis la crise sanitaire, l’alternance a bénéficié d’un soutien massif de l’État avec la mise en place du plan « 1 jeune 1 solution ». Pour favoriser l’arrivée sur le marché du travail des jeunes, des aides exceptionnelles à l’embauche d’alternants ont notamment été mises en place entrainant des niveaux record de contrats signés.
Mais depuis 2025, dans un contexte d’optimisation des dépenses publiques et de recherches d’économies, le gouvernement a engagé un mouvement de désengagement progressif du soutien public à l’alternance.
Résultat : les aides à l’apprentissage diminuent année après année, avec un recentrage plus marqué selon la taille de l’entreprise et désormais le niveau de diplômé préparé.
Des aides à l’embauche désormais différenciées
- Pour les entreprises de moins de 250 salariés
Les PME restent globalement mieux soutenues, mais les montants sont revus à la baisse, notamment pour les formations supérieures :
· L’aide à l’embauche reste de 5 000€ pour les formations infra-bac (CAP, Bac Pro) dans le cadre de l’aide unique à l’embauche (prévue à l’article L. 6243-1 du code du travail)
· 4 500 € pour les formations de niveau 5 équivalent à un Bac +2 (BTS, DUT)
· 2 000 € pour les formations de niveaux 6 et 7 (Bac +3 à Bac+5 : licences, Master, école d’ingénieurs...)
NB : Jusqu’au 31 décembre 2025, les aides à l’embauche étaient de 5 000€ qu’importe le niveau de diplôme préparé.
- Pour les entreprises de plus de 250 salariés
Les plus grandes entreprises voient les aides à l’embauche encore davantage réduites principalement pour les formations d’études supérieures :
· 2 000 € pour les formations de niveaux 3 et 4 (Infra-bac)
· 1 500 € pour le Bac +2
· 750 € pour les formations Bac +3 et plus
NB : Jusqu’au 31 décembre 2025, le montant attribué était de 2 000€ pour tous les contrats d’apprentissage.
- Un soutien toujours renforcé pour les alternants bénéficiaires d’une RQTH
Le montant de l’aide à l’embauche d’un alternant en situation de handicap est maintenu à un niveau élevé avec 6 000€ qu’importe l’effectif de l’entreprise et le niveau de diplôme préparé.
Modalités d’attribution des aides exceptionnelles
Ces nouveaux montants sont applicables pour tout contrat l’alternance signé à compter du 8 mars 2026 et commençant en plus tard le 31 décembre 2026. Comme précédemment, l’aide est attribuée uniquement au titre de la première année du contrat. Ne pas oublier également que depuis octobre 2025, une proratisation de l’aide est effectuée pour les contrats ayant une durée inférieure à un an s’il débute ou termine en cours de mois.
Côté formalités, le contrat d’apprentissage doit être transmis à l’OPCO dans les 6 mois suivant sa conclusion.
Attention : les entreprises de plus de 250 salariés doivent continuer à produire auprès de l’ASP (Agence de Services des Paiements qui verse l’aide) un formulaire d’engagement afin de garantir dans leur effectif soit un taux minimum de 5% d’alternants au 31/12/2027 soit un taux de 3% avec une progression de 10% en un an. A défaut, les aides perçues devront être remboursées.
Pour rappel : depuis le 1er juillet 2025, pour chaque conclusion de contrat d’apprentissage préparant à un diplôme ou titre professionnel équivalent à un Bac+3, l’employeur supporte un reste à charge forfaitaire de 750€ qu’importe le niveau de prise en charge du contrat par son OPCO.
Et du côté des apprentis ?
Là aussi, 2026 apporte ses évolutions avec notamment la suppression de l’aide au permis de conduire de 500€ versée par les CFA aux apprentis qui souhaitaient passer l’épreuve.
Rappelons également que pour tout contrat d’apprentissage signé depuis le 01 mars 2025, les apprentis dont la rémunération excède 50% du SMIC (soit 912€ pour 2026) supportent des contributions sociales (cotisations +CSG) sur cette fraction de rémunération, ce qui impacte nécessairement le montant de salaire net perçu.
Le décret de mars 2026 confirme donc une tendance désormais bien installée : le soutien financier à l’alternance diminue progressivement. Et pour la première fois, cette évolution produit des effets visibles. La dernière étude de la DARES publiée en février 2026 met en évidence un recul de 5 % du nombre de contrats d’apprentissage signés en 2025. Un signal clair après plusieurs années de croissance continue.
Dans ce contexte, l’alternance ne peut plus être envisagée uniquement comme une opportunité financière liée aux aides de l’État. Pour les entreprises, l’enjeu est désormais de structurer une véritable politique d’alternance à plus long terme. L’alternance reste un levier puissant qui permet d’insérer durablement les jeunes sur le marché du travail, de les fidéliser et d’investir dans les compétences de demain.
Regards RH
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