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chronique

Réunions scolaires, réunions parents-prof : où sont les hommes ?

Egalité femmes - hommes

  3 mins

 

Réunion parents-professeurs avec seule mère présente

À l’école, les réunions de parents ne manquent pas de monde. Elles manquent d’hommes. Ce n’est pas un hasard, ni un manque d’implication des pères : c’est le résultat d’un monde du travail qui continue de considérer que, quand quelqu’un peut partir plus tôt pour aller à l’école, ce quelqu’un est la mère.

C’est la première réunion scolaire de notre vie. Ou plutôt de « sa » vie : c’est mon conjoint qui y va. Notre fils vient d'entrer en petite section de maternelle. C’est l’événement.

Quand il revient, la première phrase qu’il prononce est : « j’étais le seul papa ». Voilà qui a le mérite de poser les bases.

Ce constat, on le fait depuis presque trois ans.
Autour de moi, les parents d’enfants plus âgés ou d’adolescents rapportent la même chose : les pères sont les grands absents des réunions scolaires. C’est unanime. C’est édifiant.

Mais c’est logique. C’est même mathématique.

En France, selon l’INSEE, 23,4 % des femmes salariées sans enfant sont à temps partiel, contre 8,8 % des hommes sans enfant. Avec 3 enfants ou plus, 35,5 % des femmes sont à temps partiel, contre 7,1 % des hommes. Plus on a d’enfants, plus le temps partiel est porté par les femmes, donc plus elles ont des horaires « raccourcis ». Elles partent donc plus tôt que les hommes. De fait, elles sont « disponibles » pour les réunions scolaires qui ont souvent lieu entre 16h et 18h.

Même du côté des temps complets, les femmes salariées travaillent en moyenne moins que les hommes. Toujours selon l’INSEE, elles effectuent 1 609 heures de travail par an contre 1 718 heures pour les hommes, soit un écart d’environ 7 %. Il faut ajouter un autre chiffre, très parlant : après la naissance d’un enfant, les hommes augmentent leur volume d’heures supplémentaires alors que les femmes le réduisent. Les pères effectuent +0,7 heure supplémentaire par semaine, là où les mères en font -0,6.

Je ne pense pas que ce soit une question de bonne volonté. Ce n’est pas non plus une histoire de pères volontairement désengagés ou de mères naturellement plus impliquées. C’est une organisation sociale qui distribue le temps de manière genrée.

Les réunions scolaires, à l’école maternelle, en primaire, au collège ou au lycée n’en sont que le révélateur. Elles ne tombent pas par hasard entre 16 heures et 18 heures. Elles s’insèrent dans une société où l’on pense encore que quelqu’un peut partir plus tôt. Et ce « quelqu’un », le plus souvent, c’est la mère.

Les pères sont absents, mais il y a une autre chaise vide. Une chaise vide qui représente une société qui permettrait aux deux parents d'être présents sans que cela soit un sujet. Pour cela, on devrait peut-être réfléchir collectivement à repenser les horaires de travail, la culture du présentéisme...

Au boulot ?

35h et des poussettes

Si comme moi vous jonglez entre réunions et changements de couches, rejoignez-nous pour des discussions franches, des astuces pratiques et une bonne dose d'humour. Si vous négociez des contrats tout en faisant les devoirs ou en préparant des biberons, cette chronique est faite pour vous ! Plongez avec moi dans le grand bain de la parentalité où carrière et famille se disputent la vedette.

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